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Faubourg Treme : Portrait musical de la Nouvelle-Orléans

Par Alexis Pazoumian

  • Texte par

    Jacques Denis / Alexis Pazoumian

  • Sons & photos par

    Alexis Pazoumian

  • Autoportrait

    Alexis Pazoumian

    2016 : White Box Galerie, Group Show, Kuala Lumpur / 2016 : DNJ Gallery, Group Show, Los Angeles, Melbourne and Vancouver / 2013-2016 : Photographe et réalisateur freelance / 2012 : Premier semestre à Rio de Janeiro en échange / 2010-2012 : Ecole de Communication Visuelle ESPM Diplomé (Mention Bien) à Ecole d’Art appliqué, communication visuelle, INTUITLAB /

  • Son site

    www.alexispazoumian.com

  • fe22_mockup

    Fisheye #22

    Le récit du voyage d’Alexis à la Nouvelle-Orléans est à retrouver dans notre dernier numéro, actuellement en kiosque. Et disponible sur Relay.com !

La Nouvelle-Orléans est une ville dont la musique a inspiré bien des photographes. À l’image de Bernard Hermann, qui en rapportera de superbes clichés consignés dans Bons temps roulés, du The Jazz People of New Orleans de Lee Friedlander, ou du New Orleans de William Claxton. Sur les traces de ses aînés, Alexis Pazoumian a creusé son propre sillon, à la recherche de ce supplément d’âme.

« Les similitudes sont nombreuses entre la Louisiane et mon pays d’origine, l’Arménie. Qu’elles soient victimes d’une catastrophe naturelle ou d’un crime contre l’humanité, un acharnement de l’histoire a meurtri ces populations mais n’est jamais venu à bout, bien au contraire, de leur combativité. » C’est sur la foi de ce constat que le photographe Alexis Pazoumian a débuté un travail au long cours autour de la Nouvelle-Orléans, dix ans après le passage de l’ouragan Katrina. Comment se reconstruire ? Comment bâtir un avenir quand le passé a subi un tel raz-de-marée ? « Malgré l’adversité de la vie, dans les décombres ou la précarité, une force anime ces gens-là. C’est cette force vitale que j’ai voulu retranscrire dans cette série, en me rapprochant des gens. »

La plus créole des villes américaines

Finaliste du Grand Prix Paris Match du photoreportage étudiant avec sa série sur les favelas de Rio, ce jeune photographe parisien débarque à la Nouvelle-Orléans en août 2015. Il y séjournera plusieurs mois, jusqu’en mars 2016. Très vite, il perçoit dans les faubourgs de la plus créole des villes made in USA un écho aux réflexions qui l’animent depuis qu’il a choisi la photographie comme médium : les questions d’humanité, d’identité, de société et de territoire. Et surtout, il entrevoit un fil conducteur : la musique, véritable ciment de la Nouvelle-Orléans, berceau du jazz, et sanctuaire du funk et de la soul. « Je pensais que la musique serait trop cliché. Mais voilà, cela s’est imposé à moi : c’est le quotidien de tous. La musique a permis la reconstruction. C’est la clé de la renaissance ! » Du coup, armé de son Mamiya 7 II, Alexis Pazoumian va explorer la ville pour en tirer des histoires singulières qui traduisent, chacune à leur manière, l’ambiance générale. Le photographe nous présente ici un complément de l’article publié dans Fisheye #22, actuellement en kiosque. Et nous fait écouter la Nouvelle-Orléans.

Mardi Gras

Lors du Mardi Gras défilent "les Indiens". Pour certains, l'action de porter le costume est une manière d'échapper au racisme. Pour d'autres, c'est un moyen de rendre hommage aux Amérindiens de la tribu Seminole qui ont accueillis les esclaves après leur évasion. Toutes l'année, "Les Indiens du Mardi Gras" travaillent sur leur costume. Ils choisissent avec grand les plumes, les perles et les bijoux. Il leur faut une année entière et quelques milliers de dollars pour achever un costume qui peut peser jusqu'à 15 kilos.

Lors du Mardi Gras défilent « les Indiens ». Pour certains, l’action de porter le costume est une manière d’échapper au racisme. Pour d’autres, c’est un moyen de rendre hommage aux Amérindiens de la tribu Seminole qui ont accueillis les esclaves après leur évasion. Toutes l’année, « Les Indiens du Mardi Gras » travaillent sur leur costume. Ils choisissent avec grand les plumes, les perles et les bijoux. Il leur faut une année entière et quelques milliers de dollars pour achever un costume qui peut peser jusqu’à 15 kilos. / Extrait de « Faubourg Treme », © Alexis Pazoumian

Le village des musiciens

« Pendant une semaine, je suis parti à la recherche de sons à enregistrer. En vain, jusqu’à ce que je t’entende la musique d’un trombone… C’était Steven ! »

C’est dans ce quartier réputé mal famé que se trouve le « village des musiciens », un projet mis en place par deux natifs de « Crescent City », le saxophoniste Branford Marsalis et le pianiste Harry Connick Jr., avec l’appui de la fondation Habitat for Humanity soutenue par Jimmy Carter. L’objectif : reloger les musiciens dans quelque 200  maisons et leur permettre de continuer… « Durant une semaine, Alexis Pazoumian, explorant le quartier, est parti à la recherche de sons.

C’est dans ce quartier réputé mal famé que se trouve le « village des musiciens », un projet mis en place par deux natifs de « Crescent City », le saxophoniste Branford Marsalis et le pianiste Harry Connick Jr., avec l’appui de la fondation Habitat for Humanity soutenue par Jimmy Carter. L’objectif : reloger les musiciens dans quelque 200 maisons et leur permettre de continuer… / Extrait de « Faubourg Treme », © Alexis Pazoumian

La Second Line

La « Seconde line » est une vieille tradition de la Nouvelle Orléans. Le dimanche, des membres de différents clubs de danse défilent dans la rue selon un trajet et un calendrier bien précis. La « ligne principale » est la section de tête de la parade . Elle est représentée par les membres du club. Une fanfare les accompagne. Ceux qui suivent le groupe pour profiter de la musique sont appelés la « Seconde line ».

La « Seconde line » est une vieille tradition de la Nouvelle Orléans. Le dimanche, des membres de différents clubs de danse défilent dans la rue selon un trajet et un calendrier bien précis. La « ligne principale » est la section de tête de la parade . Elle est représentée par les membres du club. Une fanfare les accompagne. Ceux qui suivent le groupe pour profiter de la musique sont appelés la « Seconde line ». / Extrait de « Faubourg Treme », © Alexis Pazoumian

À l’église

« J’en suis quasiment devenu membre. J’ai pu enregistrer toutes les messes où ça chantait, ça jouait ! »

Lynette Brown est chanteuse à l'église Munt Zion Baptist. Pendant trois mois, Alexis Pazoumian s'y est rendu chaque dimanche. Il s’y rend tous les dimanches. Il en tire des images qui traduisent la ferveur quasi mystique de ces temples où la musique est essentielle.

Lynette Brown est chanteuse à l’église Munt Zion Baptist. Pendant trois mois, Alexis Pazoumian s’y est rendu chaque dimanche. Il s’y rend tous les dimanches. Il en tire des images qui traduisent la ferveur quasi mystique de ces temples où la musique est essentielle. / Extrait de « Faubourg Treme », © Alexis Pazoumian

Le jazz de la scène…

Le plus vieux chanteur de Blues de la Nouvelle-Orléans. Il se produit régulièrement sur Frenchmen street.

Le plus vieux chanteur de Blues de la Nouvelle-Orléans. Il se produit régulièrement sur Frenchmen street. / Extrait de « Faubourg Treme », © Alexis Pazoumian

… À l’école

Dans les lycées de la Nouvelle-Orléans, les élèves doivent très tôt faire un choix : la musique ou le sport. Ceux qui font le premier choix aspirent à devenir des stars du jazz. Le lycée de Saint Augustin est ainsi réputé pour ses brass bands.

Dans les lycées de la Nouvelle-Orléans, les élèves doivent très tôt faire un choix : la musique ou le sport. Ceux qui font le premier choix aspirent à devenir des stars du jazz. Le lycée de Saint Augustin est ainsi réputé pour ses brass bands. / Extrait de « Faubourg Treme », © Alexis Pazoumian

Cette image a été réalisée au lycée Saint Augustin. Tout au long de l'année, les élèves réalisent des spectacles. Lors de l'ouverture de la saison sportive par exemple, où ils se produisent à la mi-temps. Mais l'évènement le plus important reste le fameux Mardi Gras. C'est l'occasion pour eux d'afficher fièrement le blason de leur lycée, en participant à la grande parade de la ville.

Cette image a été réalisée au lycée Saint Augustin. Tout au long de l’année, les élèves réalisent des spectacles. Lors de l’ouverture de la saison sportive par exemple, où ils se produisent à la mi-temps. Mais l’évènement le plus important reste le fameux Mardi Gras. C’est l’occasion pour eux d’afficher fièrement le blason de leur lycée, en participant à la grande parade de la ville. / Extrait de « Faubourg Treme », © Alexis Pazoumian

Ci-dessus, une voisine, qui regarde passer le défilé d'un brass band de lycéens, paradant dans la rue après la sortie du lycée. Le spectacle est observé par tous les voisins du quartier depuis leur perron.

Ci-dessus, une voisine, qui regarde passer le défilé d’un brass band de lycéens, paradant dans la rue après la sortie du lycée. Le spectacle est observé par tous les voisins du quartier depuis leur perron. / Extrait de « Faubourg Treme », © Alexis Pazoumian

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