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Thomas Klotz – EVE, la montagne et la jeune fille (Livre + Tirage de tête)

Thomas Klotz – EVE, la montagne et la jeune fille (Livre + Tirage de tête)

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Le récit de Thomas Klotz relève du montage, d’une  juxtaposition savamment ponctuée, ces photos racontent une histoire, celle que j’y vois: un conte mêlant une montagne et une jeune fille.

Sortie des eaux, on lui colle un vêtement, dans l’air encore chaud de la douceur du soir qui l’enveloppe encore quelques minutes. Son premier regard est absorbé par ce monde plus grand que soi.

Une ascension se prépare.

Il va peut-être y faire plus froid.

Toutes ces choses nouvelles qu’il faut gagner et celles qu’il faut laisser. Si vite.

Mais il n’y a pas de manuel pour cela ? Son regard interroge l’objectif, et derrière lui, son père. Le père. Quelle est la direction ? Il n’y a rien d’écrit au tableau ? Un code couleur ? Quelle pancarte à suivre ? Faut-il faire ce que l’on nous dit ? Est-ce que c’est par là qu’il faut monter ?

Elle se livre : perdue.  Dans la surprise et l’éclat. Perdue dans les espaces. Les manteaux, les cartables dans la nuit.

Son regard me bouleverse, elle ressent tout, elle ne se cache pas, et ne ment pas. Son expression est puissante, elle ne pose pas. Pas de rapport de force, elle nous désarme dans sa durée calme.

Statique, il a de l’élan et touche au plus profond de celui qui le soutient. Il a la durée d’un monologue face caméra, mais au-delà des mots.

Le volant mal mis d’une robe comme un bonbon berlingot. Elle a trouvé où regarder, se regarder.

Elle se voit maintenant et est présente au monde mais elle ne connait pas la formule magique.

Alors elle colle les bouts de la carte, qu’elle trouve tels les indices d’une chasse au trésor, et reconstitue le plan, l’itinéraire pour trouver le sentier qui arrive au sommet.

D’abord, du béton. Ce qui n’empêche pas le corps de pousser sauvagement, sous les néons, avec des habits dessus, et elle doit continuer d’avancer. Guidée par la lumière, apparaissent dans les tunnels du train fantôme des visions fantastiques. Mal peignée, elle se raccroche aux bribes qui nous restent, d’une affectivité des objets, des lieux de l’enfance. Des objets sacrés devenus Totem, l’araignée verte au bout de son fil va se faner, et on va se la trimballer. Le Poussin jaune a cassé son œuf, qui bave, qui coule. La varicelle est un beau maquillage.

Elle parcourt le labyrinthe hostile des rez-de-chaussée, avant de gravir.

Grandir.

C’est haut, ça donne chaud. Parfois plus que de dénivelé que prévu. Et pas d’itinéraire bis, passer par le brillant et le mat, l’horizontale et le vertical, les lignes deviennent grillage, il n’y a qu’un seul passage, une nature enfermée.

Ça dure. C’est encore haut mais c’est éclairé. Il faut se retrousser les manches, choisir le bon équipement. La route est domestiquée, artificielle. Mais dessous, la roche est intacte, comme au premier jour.

Elle a confiance, elle continue parfois sans efforts, elle a de la force et se réconforte de sentir qu’elle a quelque chose dans le ventre. Elle se recentre. Elle regarde droit dans les yeux. Frontalement. Parce qu’elle est comprise et regardée.

De la peur ou de l’étonnement dans ce regard-là ? Dans ce grand pull noir.

Elle demande, est ce que c’est bien ? Est-ce que je suis bien ? Est-ce que je vais bien ? Blanche, fatiguée, il y a trop de monde sur le trottoir.

Mais elle sait maintenant qu’elle va y arriver. Après tout elle les connait maintenant les recoins, de ce labyrinthe. Elle s’en accommode, elle a des prises dans ce béton et elle s’accroche, même si c’est par endroits plus escarpé.

C’est le moment d’aller dans les zones interdites. Elle commence à les connaitre les mots de passe, les combinaisons magiques, celles du rubik’s cube comme les autres.

La lumière, elle la défie, faux soleil de plomb, elle a encore un peu de marche.

Mais elle voit le sommet, et elle a mis un bonnet et des bonnes chaussures, elle sait se protéger pour la dernière ligne droite. Elle a téléchargé le plan sur son smartphone. La vie à travers le pare-brise mais la vitre est cassée.

Le sapin est artificiel bleu, les tournesols en plastique. Les plantes sont en deux dimension. Sur des rideaux, sur des murs.

Sauvage oui ma combi, mais c’est une impression, textile. Et sous le tissu mon corps.

Mais ton chemin à toi, il n’est pas balisé, tu dois le poursuivre dans les herbes hautes. Sur le plateau.

Tout en haut, il y a ta nature. C’est pas facile de devenir soi.

Tu continues, Eve regarde devant toi, ce n’est plus si haut.  Tu n’es pas la seule. Tu vas en croiser d’autres comme toi, sur la crête, c’est le moment de vous tenir la main, car en plus de s’inventer soi, il faut réinventer d’être une fille.

Et là, tout en haut, planter tes yeux dans l’objectif du photographe. Celui qui a trouvé son regard dans le tien et nous l’offre à l’état brut.

La montagne et la jeune fille  –  Sophie Letourneur

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Éditeur : EYD
Conception graphique : Ilanit Illouz
Textes : Bernard Plossu, Sophie Letourneur
Français et Anglais

Traduction : Darrell Wilkins
Format : 180 x 240 mm
Pages : 116 pages, 62 photos
Couverture rigide

Informations complémentaires

Dimensions 18 × 24 cm
Livre + Tirage de tête

Tirage photographique 18 x 24 cm signé et numéroté de I à XX

Livre seul

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