Dans sa série No vacancy, la photographe américaine Nadine Rovner construit un théâtre qui convoque le passé américain. Une époque indéterminée où règne un flottement propice à la dramaturgie. « Il y a peu de collaboration entre les mannequins lors des essayages, mais peu à peu ils se transforment et ce nouvel habillage leur procure une confiance nouvelle. » La photographe originaire de Philadelphie installe ainsi des saynètes proches du 7e art. « Les scènes sont luxuriantes, cinématographiques et très orchestrées. Les personnages entreprennent un voyage émotionnel. Ils explorent un monde de tension, d’anticipation, d’anxiété, de désir. » Mais loin de stigmatiser les allures qu’une société patriarcale aurait prêtées aux femmes, Nadine Rovner exprime ici ses pensées progressistes : « Ces récits sont ma réaction viscérale à notre climat social actuel, ma manière de sensibiliser ces problèmes que nous devons tous affronter ensemble. »

© Nadine Rovner