Dans ce délicat projet intitulé Kiseki, Lieh Sugai nous emporte tantôt au Japon, tantôt aux États-Unis. Un voyage spirituel entre ses deux foyers. « Je suis venue à New York étudier le design graphique, confie l’artiste japonaise. J’ai ensuite été initiée à la photographie argentique, un médium permettant d’entrer dans différentes cultures, y compris la mienne, et de me sentir ainsi comme un explorateur ». Les souvenirs reliant les individus aux lieux, et plus largement la nostalgie. Tels sont les objets récurrents de sa quête. « Ce travail reflète un sentiment de vide, d’abandon, et en même temps, un certain lâcher-prise. » Car parfois, quand on s’éloigne des réminiscences, on parvient à déceler « un pouvoir plus grand et plus vaste, celui de la nature et de l’univers ». En japonais, Kiseki signifie la « trace », le « chemin » ou encore le « miracle ». Les incertitudes amenées par le chimigramme renvoient volontiers aux diverses lectures proposées par la photographe. À chacun· e de trouver sa voix. 

 

 

 

 

 

 

 

© Lieh Sugai