« C’est ici que le fleuve jaune se jette dans la mer. Autrefois, on l’appelait l’île solitaire, une terre sauvage et un lieu d’exil », se souvient le photographe chinois Li Lin. Ce dernier documente les vagues de modernisation et d’urbanisation en Chine, à travers un projet politique et personnel The lonely island.
« « La campagne est un vaste monde, où il y a beaucoup à faire », clamait Mao Zedong, en 1955. D’importantes vagues de migration depuis les campagnes vers les villes s’en sont suivies. En 1956, l’État créait la Ferme du Fleuve Jaune, un lieu recueillant prisonniers, employés et plus tard sans-abris et contre-révolutionnaires. En 1962, la ferme accueillait plus de 10 000 habitants. Mes parents ont vécu ici toute leur vie. Je suis né ici, en 1975. Depuis, les jeunes générations ont quitté la ferme et les personnes âgées ont été recueillies par leurs enfants dans les villes voisines. Il ne reste plus grand monde maintenant », confie le photographe. Un récit personnel étroitement lié à la grande Histoire. Car en Chine, l’exploitation agricole est un produit politique parmi tant d’autres.

© Li Lin