« Depuis l’adolescence, j’ai été confronté à ce choix entre l’hétérosexualité et l’homosexualité, et pourtant à l’intérieur de moi, j’étais, et je suis toujours, persuadé qu’on peut tomber amoureux d’un être et pas d’un genre », avance Gabriel Dia. Le photographe sénégalais, qui déplore que l’homosexualité soit encore un crime pénal dans son pays natal, compose avec Orange ou Green une ode florale à la fluidité du genre. Influencé par les écritures singulières de Sarah Moon, Paolo Roversi, Dominique Issermann ou encore Sebastião Salgado, l’artiste se voue à exprimer le beau. Car, malgré les styles divergeant de ces grandes personnalités, chacun à sa manière, donne la primauté à l’esthétique. Pour Gabriel Dia, cela se traduit par une réflexion autour des couleurs. « C’est la vie, à l’image de l’amour dans toutes ses formes », explique-t-il. Et pour rythmer ses images, l’auteur partage un poème léger et doux, où le spectre infini des couleurs fait écho aux innombrables nuances de la sexualité.

Orange ou green

Je m’appelle orange mais parfois je suis green.

Parfois j’aime le rose, parfois j’aime le bleu.

Parfois j’ai les cheveux courts, parfois ils sont longs.

Parfois j’ai des gros seins, parfois ils sont moins gros.

Parfois j’ai une posture dite masculine, parfois j’ai une posture dite féminine.

Parfois je fais des caprices, parfois je n’en fais pas.

Parfois j’ai des poils, parfois je n’en ai pas.

Parfois j’aime les hommes, parfois j’aime les femmes.

Parfois je ris, parfois je pleure.

Je pense juste que je n’ai pas de préférence.

 

 

 

 

 

 

 

Orange ou Green © Gabriel Dia