« Je suis un évadé, je photographie pour échapper à une morne réalité – même si je capture la réalité en elle-même. Ayant une formation de photojournaliste, je ne mets jamais en scène mes photos, mais je considère pour autant que mon univers est fictif. Il peut être à la fois lugubre ou glacial, romantique et nostalgique, ou bien très absurde », confie Ci Demi. Chérissant son Istanbul natale, le photographe s’attache à créer des « Histoires » ou « novellas » colorées et teintées d’humour, à propos de sa capitale. Aspirant d’abord à être photographe de guerre, l’artiste a préféré une vie plus sereine « Parmi la misère humaine, j’ai senti que quelque chose n’allait pas : je n’étais pas capable de raconter les histoires des autres. Cela me semblait injuste, inéquitable. Je ne pouvais pas parler d’autrui sans me connaître moi-même » explique-t-il. Alors, Ci Demi s’est progressivement émerveillé de la magie du quotidien, en « défiant la réalité et en créant de nouveaux personnages ». 

 

 

 

 

© Ci Demi