Originaire de Chambéry et installé à Montréal, Thibaut Ketterer, part à la découverte de l’Île-du-Prince-Édouard. Il dresse dans P.E.I – un livre et un journal – un doux portrait de la province.

L’histoire d’amour entre Thibaut Ketterer et le 8e art débute en 2007 lors d’un voyage en Suède. Depuis, la relation ne fait que s’intensifier. « Le voyage me permet d’errer et c’est un prétexte qui me conduit à prendre des photos. Je découvre de nouvelles cultures tout en développant un contenu visuel humaniste », explique l’artiste diplômé du Cégep de Matane au Québec. Son approche favorite ? La photographie documentaire. Après avoir sillonné l’Europe avec son boîtier pour suivre des groupes de musique Punk, Thibaut Ketterer photographie la plus petite province du Canada : l’Île-du-Prince-Édouard. « Lorsque j’ai débuté le projet, il y avait deux volets dans mon esprit. Un livre, P.E.I., avec des paysages, des textures, sans jamais voir âme qui vive. Et un journal, P.E.I.- In Between, présentant des portraits des habitants et touristes que je croisais sur mon chemin », confie-t-il.

Un projet à double dimension

La pêche aux homards à Tignish, un match de baseball ou un motel abandonné, les souvenirs sont nombreux pour le Canadien d’adoption. « J’accorde toujours beaucoup d’importance à réaliser des sujets qui me sont proches. Sur le Canada donc, mais aussi sur les Alpes françaises – ma famille y habite toujours. Je souhaite connaître au mieux l’environnement dans lequel je vis pour réduire au maximum mon empreinte écologique. » En plus de pratiquer, il collectionne des livres photo. Cela explique en partie sa volonté de concevoir un objet original. P.E.I., de petite taille, fait référence à un carnet de voyage dont les images miniatures évoquent les visuels d’un négatif 120 mm. « En opposition à cette petitesse, j’aimais cette idée d’avoir un grand journal, P.E.I. – In Between, avec de larges portraits nous rappelant l’esthétisme d’une gazette locale », commente Thibaut Ketterer. Inspiré par de nombreux noms du 8e art, l’auteur porte un regard attentif sur des artistes émergents tels que Yann Gross, Cristian Ordóñez, Marco Marzocchi ou encore Jason Koxvold. Un double projet où la photographie documentaire se teinte de légèreté.

 

P.E.I. – In Between, Éditions Bourrasques, 20 dollars, 22 p.

© Thibaut Ketterer