La galerie en ligne Open Doors s’est associée à Setanta Books afin de soutenir le travail de photographes émergents du monde entier. Le Géorgien Luka Khabelashvili ouvre le bal d’une série de zines bimestriels. 

Créée en 2017, la galerie Open Doors est une plateforme dédiée à la photographie émergente internationale. À l’annonce du confinement, son créateur Tom Page, a mis en œuvre une série d’actions visant à soutenir les photographes. Parmi elles, une série de zines bimestriels en collaboration avec la librairie Setanta Books. Cet ouvrage, par son petit format – 21 x 16 cm – se présente comme un écrin à la couverture cartonnée et magnétique accessible à tous. Pour le premier numéro, la galerie publie le travail de Luka Khabelashvili, un artiste autodidacte de 21 ans. 

La déréalisation 

« J’ai commencé à prendre des photos dès ma naissance. J’ai beaucoup de clichés collectés, et qui ne se trouvent que dans ma tête, sur une étagère dans des archives imaginaires. Il n’existe aucune version numérique de ces photos. Vous ne pouvez ni les voir, ni les toucher », annonce Luka Khabelashvili, originaire de Gori en Géorgie. C’est à l’adolescence que le jeune artiste a pratiqué, pour la première fois, la photo numérique. En parcourant son travail, on découvre des mises en scène, où des émotions vives et des instants absurdes se brouillent. Par exemple, l’autoportrait avec un ballon jaune symbolise sa réflexion sur le vide émotionnel – un vide que même un ballon ne peut emporter. Après avoir esquissé cette idée dans un carnet, Luka Khabelashvili a transformé le croquis en une photo surréaliste et poétique. 

Inspiré par la nature, Luka Khabelashvili n’hésite pas à user de logiciels de post-production afin d’apporter à ses clichés une notion abstraite. En déformant la réalité, l’artiste livre un discours visuel imaginaire, emportant alors le lecteur dans une sphère unique. « Je ne m’inscris pas dans un style particulier, je photographie tout ce que j’aime, ce qui m’intéresse et me fascine. C’est facile d’expérimenter : on se concentre sur un seul style et nul besoin de réfléchir beaucoup. Car dans mon cas, je ne fais que réfléchir. C’est intense, mais passionnant », confie Luka Khabelashvili. Un premier zine envoûtant où la nature et les corps se métamorphosent.

Luka Khabelashvili, Setanta Books, 20 £ seul, 50 £ avec un tirage, 48 p.

© Luka Khabelashvili