Sebastian Sardi, photographe suédois, réunit dans son livre Black Diamond des images émouvantes sur les mines de Jharkhand, en Inde. Il révèle des communautés devenues vulnérables, du fait de la mondialisation.

Il y a dix ans, Sebastian Sardi découvre dans un article les conditions précaires des travailleurs d’une mine de charbon située en Chine. En 2008, à l’âge de 25 ans, il s’y rend pour mener une enquête et décide alors de se consacrer à la photographie. Armé de son boîtier, il parcourt l’empire du Milieu pour photographier ces lieux peu documentés. Ses aventures au cœur des mines se poursuivent ensuite au Kazakhstan, en Russie, et jusqu’en Inde, dans la ville de Dhanbad, dans l’État de Jharkhand. Un décor que l’on retrouve dans Black Diamond, un ouvrage édité aux éditions Kehrer. En dévoilant une cinquantaine de paysages et de portraits de cette communauté marginalisée, Sebastian Sardi donne un visage aux mineurs dont la santé et la survie sont mises en danger par l’exploitation du « diamant noir ».

La reconnaissance de leur existence

Statistiques et chiffres envahissent les actualités et dépersonnalisent les problématiques socio-économiques contemporaines. Avec ce livre, Sebastian Sardi souhaite redonner la parole à des personnes peu visibles. À travers ses images poignantes et révélatrices, l’artiste présente les travailleurs des mines de Dhanbad. Leurs  regards fixes témoignent d’une intimité avec le lecteur, une connexion transcendant la distance initiale. Excepté la reconnaissance de leur existence, les sujets ne demandent rien. Les mineurs, photographiés dans leur quotidien, interrogent notre position de spectateur impuissant. Les portraits et les paysages désolés se font face et confirment l’impact de l’extraction du charbon sur la vie humaine et sur l’environnement. Carrières imposantes et désertes, cabanons détériorés… Les mines, presque lunaires, évoquent un monde à part, un ailleurs bien loin de notre société occidentale. Un aperçu poignant.

 

Sebastian Sardi, Black Diamond, éditions Kehrer, 104 pages, 50,80 €.

© Sebastian Sardi