Dans Arcadia, le photographe péruvien Ian Howorth tente de représenter l’essence de l’Angleterre, son foyer depuis ses seize ans. Un ouvrage intime, mêlant solitude et nostalgie.

Ian Howorth, photographe d’origine péruvienne installé au Royaume-Uni, a commencé à capturer son environnement en 2013. « Je réalisais des vidéos depuis quelque temps, mais je trouvais les commandes ennuyeuses et frustrantes. Un ami m’a un jour demandé de prendre des photos d’un événement qu’il organisait, et je n’ai plus jamais arrêté », se souvient-il. Encore jeune photographe, Ian Howorth sent son approche évoluer. S’il se lance dans le 8e art à pieds joints, en shootant de manière intuitive, il ressent aujourd’hui le besoin de prendre du recul, et de réfléchir davantage à ses projets.

Arcadia, publié sous la forme d’un livre en 2019 aux Éditions Setanta Books, est un projet personnel, construit autour de la notion de foyer. « Je suis fasciné par la Grande-Bretagne : ses textures, ses odeurs, ses sensations… En travaillant sur ce projet, j’ai réalisé que cet intérêt prenait racine dans mon enfance. Je me rendais souvent en Angleterre lorsque j’étais petit, et j’y ai finalement emménagé à mes seize ans », confie le photographe. À cheval entre deux cultures, deux histoires, Ian Howorth tente de mettre son expérience en image, entre distance et appartenance.

Ce qui compose l’Angleterre

Au fil de cette quête intime, l’auteur construit un univers nostalgique et poétique – à l’image de « son » Royaume-Uni. « Je me fiais souvent à Google street view pour découvrir des endroits qui me touchaient. Souvent, les indices étaient subtils – une simple impression, un panneau étrange, ou même une façade qui m’intriguaient », précise-t-il. Diners déserts éclairés par une lumière matinale, charmantes maisons rurales et bords de mer typiques forment l’univers de Ian Howorth. Un environnement paisible, idyllique, et étrangement rétro. « J’avais besoin de revisiter le passé, pour essayer de comprendre ce qui composait vraiment cette Angleterre, confie-t-il. J’ai raté beaucoup de choses, durant mes premières visites du pays, et les endroits que j’ai photographiés sont devenus des sortes de « reliques culturelles », des artefacts d’une époque passée : ils divulguent beaucoup d’informations. »

Appelée Arcadia en hommage à cette notion d’utopie, de terre promise, la série propose une lecture différente du territoire britannique. Sublimés par des lumières douces et une tendre solitude, les clichés donnent à voir un espace intime et intemporel.

 

Arcadia, Éditions Setanta Books, 30 £, 114 p.

© Ian Howorth