Sujets insolites ou tendance, faites un break avec notre curiosité de la semaine. La photographe Molly Strohl anime ses clichés pour faire apparaître un monde en trois dimensions. Un travail mêlant humour et originalité.

Molly Strohl, photographe américaine de 25 ans, a commencé la photographie il y a près de dix ans. D’abord un moyen d’apprendre à connaître son nouvel environnement, suite à un déménagement, le médium la séduit rapidement. Elle s’inscrit alors à un baccalauréat en Beaux-Arts (un diplôme universitaire américain) au Savannah College of Art and Design. Durant ses études, un ami lui offre un Nimslo – un appareil stéréoscopique. « À cette époque, cela ne m’intéressait pas vraiment, et l’appareil est resté sur mon étagère pendant plusieurs années », se souvient Molly. « Et puis un jour, j’ai décidé d’expérimenter, et j’ai pris ce Nimslo – alors recouvert d’une fine couche de poussière – dans mon sac. Je ne l’ai jamais reposé depuis ».

Un mouvement hypnotique

« Le Nimlso fonctionne un peu comme nos yeux », explique la photographe. « Ceux-ci sont espacés pour que notre cerveau puisse voir le monde en trois dimensions. L’appareil fait la même chose, grâce à ses quatre lentilles ». Après avoir développé et scanné ses images, Molly les dépose les unes sur les autres, sur Photoshop. Enfin, elle anime ces superpositions, pour révéler une troisième dimension, visible à l’œil nu.

Pour Molly, l’animation ajoute une véritable profondeur à l’image. « J’attire le spectateur dans la scène, je peux presque les hypnotiser avec les mouvements » précise-t-elle. L’inspiration ? La photographe la puise dans son quotidien. Des événements singuliers aux plus insignifiants. « Si je n’étais pas émerveillée par chaque moment, ma vie serait incroyablement ennuyeuse ! », conclut Molly. En réalisant ces « images qui gigotent », la photographe distille une dose d’humour et d’originalité dans un monde qui manque parfois de légèreté.

© Molly Strohl