Sujets insolites ou tendance, faites un break avec notre curiosité de la semaine. Peintre et photographe, Richard Tuschman a réalisé Hopper Meditations, un hommage élégant au grand peintre américain.

Originaire du Midwest, le photographe Richard Tuschman a d’abord étudié la peinture dans une école d’art. Après avoir travaillé en tant que peintre et sculpteur, l’artiste s’est tourné vers la photographie dans les années 1990, grâce au développement d’outils de retouche tels que Photoshop. « C’était une sorte de chambre noire qui me convenait parfaitement. J’étais alors graphiste, et j’ai tout de suite été séduit par ce qu’offrait le logiciel », se souvient l’artiste. Préférant travailler en série, il se considère comme un « réalisateur ». « Je m’interroge sans cesse, précise-t-il. Quelle histoire vais-je raconter ? Quelle atmosphère choisir ? À quoi ressembleront les décors ? Qui sont les personnages, et à quoi pensent-ils ? »

Fasciné par l’œuvre d’Edward Hopper, Richard Tuschman a commencé à réaliser Hopper Meditations en 2011, un travail inspiré des toiles de l’artiste. « J’ai découvert ses tableaux au Whitney Museum de New York, en 1979. À l’époque, je venais d’emménager dans la Grosse Pomme, et je me sentais proche des personnages solitaires de ses peintures », confie-t-il. Sa série, véritable hommage au peintre, recrée l’atmosphère délicate, aussi élégante que mélancolique, des peintures d’Hopper.

Un univers onirique et théâtral

« Chaque décor est une miniature, de la taille d’une maison de poupée que j’ai moi-même peint. J’ai ensuite photographié mes modèles dans un studio, en utilisant un fond neutre. Enfin, j’ai ajouté certains détails grâce à Photoshop, tout en soulignant l’esthétique picturale des images », explique Richard Tuschman. Extrêmement détaillés, ses décors semblent toutefois brouiller les frontières entre le réel et l’imaginaire. Un moyen pour le photographe de construire un univers onirique et théâtral.

Si son concept évoque les déambulations rêveuses d’Alice au pays des merveilles, les images, elles, deviennent tableaux. En jouant avec les pauses des modèles et la lumière, Richard Tuschman parvient à recréer l’atmosphère si particulière des tableaux du grand peintre. « Pourtant, mes éclairages s’inspirent davantage de Rembrandt que d’Edward Hopper », s’amuse le photographe. Ses personnages – comme ceux du peintre – demeurent plongés dans leurs pensées, et semblent tout droit sortis d’un récit passionnant. Une œuvre intemporelle mêlant peinture et photographie.

© Richard Tuschman