Tous deux originaires du nord de la France, Julien Legrand et Joséphine Parenthou, nos coups de cœur #374 captent les détails qui composent leur quotidien. Deux approches aussi différentes que captivantes.

Julien Legrand

C’est grâce à sa passion pour le skateboard que Julien Legrand, né en 1979 dans le nord de la France, a découvert la photographie. Sa planche s’impose dès lors comme un outil lui permettant de circuler librement dans les rues de la ville, et devenir l’observateur privilégié de l’étrangeté du quotidien. « La photographie est une obsession pour moi, elle m’accompagne tous les jours comme un vieil ami fidèle. C’est également une sorte de thérapie qui me permet de mettre de côté mon anxiété », confie-t-il. Inspiré par les œuvres d’Harry Gruyaert, Alex Webb, Ernst Haas ou encore Garry Winogrand, l’auteur aime explorer la complexité des relations entre l’homme et son environnement. Préférant laisser le hasard guider son œil, il attache une grande importance aux couleurs, lumières et structures pour révéler l’extraordinaire dans l’ordinaire. Des lignes graphiques des architectures modernes à une déchirure bariolée en passant par d’étranges visiteurs dans des cafés déserts… Les clichés de Julien Legrand réinventent le monde pour faire place au poétique. Une collection d’images où se mêlent à merveille humour et nostalgie.

© Julien Legrand

Joséphine Parenthou

« Mon approche est par essence pluridisciplinaire, puisque la photographie n’est pas ma seule activité artistique, ni même professionnelle. La sociologie, en particulier, est toujours présente comme lame de fond. Mais paradoxalement, mes images sont émotionnelles – ces émotions sont indissociables de ma quête névrotique de savoir. C’est certainement pour cela que je vois mon approche comme un mélange parfois doux, souvent maladroit entre l’ironie et la tendresse », confie Joséphine Parenthou. Installée entre Paris et Beyrouth, la photographe, doctorante et graffeuse se plaît à réaliser des images fortes, où se croisent humour, impact et poésie. Une œuvre colorée, influencée par son pays d’adoption, le Liban. Amoureuse du détail – celui qui attire l’attention, qui force la composition, le cadrage – Joséphine Parenthou s’attache à révéler ce qui passe habituellement inaperçu. « Je n’ai pas vraiment de thèmes de prédilection, je m’éparpille, ajoute-t-elle. En revanche, j’aime aborder certains sujets : les injonctions à la virilité, les pratiques artistiques, le néo-orientalisme, comme les angoisses personnelles, la mélancolie de la jeunesse ou l’histoire de la violence. » Autant de pistes de réflexion qui font de son travail un ensemble riche et nuancé.

© Joséphine Parenthou

Image d’ouverture : © Joséphine Parenthou