À travers l’autoportrait pour l’une et la street photography pour l’autre, Giorgibel et Abbas M. Ahmed, nos coups de cœur #350, partagent leurs émotions et leurs passions les plus profondes.

Abbas M. Ahmed

Né en Iraq en 1993, le street photographe Abbas M. Ahmed s’est depuis installé à Londres, dont il ne cesse de capturer les rues. « Je crée des images pour projeter les histoires du quotidien que je capture au détour d’un chemin, et ce, que je me promène dans les coins les plus vibrants de la capitale ou dans ses espaces plus résidentiels », précise-t-il. Dès son plus jeune âge, l’auteur s’intéresse aux jeux d’ombre et de lumière, aux instants éphémères qui étonnent, et s’effacent trop vite. Une curiosité qui le pousse à trouver un moyen d’immortaliser ces souvenirs fugaces. « Lorsque l’épidémie s’est propagée, j’ai commencé à faire de plus longues balades. Et puis un jour, je suis sorti accompagné d’un vieux boîtier », se souvient-il. La vie nocturne, le mystère, l’abstraction, les volutes de fumées d’une cigarette, la pluie tombant sur le goudron… C’est le rythme de la vie citadine qui inspire Abbas M. Ahmed. « J’aime la street photography car il s’agit d’une forme d’art sans restriction. Elle permet d’exprimer aux autres ses propres émotions. C’est comme un langage parlé par tous – un adolescent d’un pays du tiers monde essayant de réfléchir à son avenir ou bien un président d’une nation surveillant une manifestation. Ce genre impacte le monde entier », ajoute l’auteur.

© Abbas M. Ahmed

Giorgibel

« Je trouve mon inspiration dans les choses simples de tous les jours. Je prête attention à ce que l’on considère d’ordinaire inutile ou futile. J’ai une préférence pour les objets défectueux, cassés, les amas, les enchevêtrements. Je suis persuadée qu’il existe une connexion entre ce qui nous attire et ce que nous sommes, et que s’identifier à certains éléments nous aide à nous connaître. Je suis fascinée par les contes de fées, qui représentent un certain archétype dans notre imaginaire collectif. J’aime la manière de penser des enfants, les couleurs pastel, les arbres, la taille des ombres au crépuscule, les films dramatiques, le surréalisme, la nostalgie associée au mois de septembre, Luigi Ghirri, les maisons des autres… Tout est inspiration », raconte Giorgia Bellotti, alias Giorgibel. Installée à Bologne, en Italie, la photographe autodidacte se met en scène pour accéder à ses émotions les plus profondes. Une thérapie visuelle initiée en 2017, à un moment pressant où il lui fallait se reconnecter à la nature. Et dans son territoire natal, Giorgibel construit un récit intuitif, introspectif, réunissant végétation, objets incongrus, jeux de lumière, de reflets, et autoportraits délicats. « Ces procédés m’aident à m’observer, à découvrir qui je suis, à me guérir », confie-t-elle. Une collection d’œuvres aussi intimes que libératrices.

© Giorgibel

Image d’ouverture : © Giorgibel