Charles-Aymeric Esteve et Young Ha Kim, nos coups de cœur #349, sont tous deux intrigués par la dimension énigmatique du médium photographique. En couleur comme en noir et blanc, ils explorent et captent différentes perceptions du réel.

Charles-Aymeric Esteve

À tout juste 18 ans, le photographe Charles-Aymeric Esteve signe déjà des créations singulières. Des mises en scène complexes fleurissent comme autant de pièces pop et colorées, où toute l’esthétique des années 1980 infuse le visage de ses modèles. « Je cherche toujours à aller au-delà du figuratif dans mes réalisations », avance l’artiste. Bien qu’il prépare méticuleusement ses shooting, il laisse toujours place à la spontanéité. Grandement influencé par l’univers de la mode, l’artiste met l’accent sur des couleurs vives, des éléments graphiques assumés et un usage méthodique du flou artistique. « L’aspect énigmatique que peut dégager une photo me passionne. C’est pour cela que je réalise des images qui peuvent être interprétées différemment par chacun », poursuit-il. Dans son travail, à l’ombre d’une esthétique polychrome, le mystère flirte avec la séduction, et l’élégance dérive de l’insaisissable – pour le plus grand plaisir du regardeur.

© Charles-Aymeric Esteve

Young Ha Kim

Artiste et photographe installé à Melbourne, en Australie, Young Ha Kim s’est initié au 8e art alors qu’il étudiait l’animation. « J’utilisais alors le médium comme un outil de référence pour dessiner, et j’ai finalement passé de plus en plus de temps à pratiquer, lorsque j’en ai eu assez de rester devant mon ordinateur », précise-t-il. Scènes urbaines, clichés noir et blanc, grain prononcé… L’auteur développe depuis une esthétique bien particulière, lui permettant de jouer avec notre vision du monde. « J’aime l’idée que la photographie ne soit qu’une perception de la réalité. Je fais en sorte que mes images s’en éloignent un peu, tout en conservant une certaine familiarité », explique-t-il. Inspiré par Ralph Gibson, Duane Michals ou encore Daido Moriyama, Young Ha Kim explore de nouveaux espaces, à la recherche des nombreux contrastes qui composent une ville. « Les thèmes que je développe sont tous influencés par les comportements humains. Je m’intéresse en ce moment à la mort, et à notre manière de réagir face à elle », confie l’artiste. Et, dans l’anonymat des grandes métropoles, les instants qu’il capte et les silhouettes solitaires qu’il remarque érigent des récits prometteurs.

© Young Ha Kim

Image d’ouverture : © Charles-Aymeric Esteve