Inspirés par les arts – l’impressionnisme pour Ning Kai et Sabrina Scarpa et la musique pour Alban Champion – nos coups de cœur #348 imaginent des récits aussi singuliers que délicats.

Ning Kai et Sabrina Scarpa

Duo d’artistes au travail comme dans la vie, les Néerlandais Ning Kai et Sabrina Scarpa s’attachent à photographier le paysage qui les entoure. « Nous sommes meilleurs ensemble – nous capturons la beauté des instants de vie », déclarent-ils. Immergés dans une nature verdoyante, les auteurs développent, avec une grande sensibilité, un langage à part, où les éléments deviennent tactiles et texturés. L’eau d’un torrent, les lignes graphiques d’une branche sombre tranchant avec le bleu du ciel, le reflet scintillant du soleil sur la mer… Dans leurs images, le monde sauvage devient un sujet à part entière. Un modèle, une égérie que tous deux ne peuvent s’empêcher de capturer sous tous les angles. « Nous souhaitons donner à voir l’esprit du monde naturel, en l’éveillant, et en le soulignant. Nos influences ? Il y en a beaucoup… Mais les plus importantes demeurent l’art asiatique, le modernisme et l’impressionnisme », expliquent-ils. Une immersion dans un univers luxuriant, où la présence humaine – bien que toujours présente – s’efface pour mieux célébrer la splendeur de notre planète.

© Ning Kai et Sabrina Scarpa

Alban Champion

Opérateur lumière et caméra, Alban Champion, 20 ans, est amoureux depuis son enfance « de ce que peuvent provoquer des images mêlées à du son et une histoire ». C’est lors d’un voyage au Canada que le jeune auteur commence à shooter ses amis avec un Kodak jetable. « À partir de ce moment-là, j’ai compris la force de la photographie, du pouvoir de capter l’instant présent. Je me suis ensuite tourné vers l’argentique pour mieux comprendre les aspects techniques du médium », se souvient-il. En noir et blanc, Alban Champion se laisse submerger par la musique – notamment les morceaux des Smiths, des Cure, de Joy Division ou encore d’Indochine – pour créer des œuvres délicates, où flous et fragilité dominent. « Le monochrome a été une véritable révélation pour moi. C’est le rendu qui me correspond le mieux. Il fait ressortir des sensations visuelles que je ne réussissais pas à retrouver dans un travail en couleurs. C’est un langage visuel caché au fond de moi, dans lequel je peux raconter des récits mélancoliques, froids et nostalgiques », explique-t-il. En multipliant les formats et en jouant avec les éditings, le photographe parvient à ériger des contes aux ombres lumineuses et au grain expressionniste.

© Alban Champion