Nos coups de cœur #332Jialin Yan et Louis Teyssedou, capturent tous deux les gestes du quotidien. La première met en scène la vie de ses amis, et le second capture les mains des soignantes – en première ligne face à la Covid-19.

Jialin Yan

Née en 1992 à Fuzhou, en Chine, Jialin Yan photographie son quotidien. « J’explore les relations intimes, les émotions que ressentent les jeunes à travers l’image », précise-t-elle. Se fiant à son intuition, la photographe capture des moments « qui sonnent juste », des instants ordinaires qui la touchent. Si l’autrice s’est toujours amusée avec le 8e art, une rencontre avec un ami étudiant en photographie à Hong Kong l’a poussée à se consacrer davantage à ses projets visuels. « Depuis 2020, j’essaie de réaliser des projets autour de thèmes spécifiques – j’ai compris qu’on ne pouvait pas dire qu’on aimait le médium sans faire d’effort pour créer », confie-t-elle. Shootées au flash, ses images révèlent des gestes, des expressions marquantes, jouant avec la lumière pour leur conférer une aura surnaturelle. « J’utilise le flash parce que je souhaite que mes modèles me révèlent leurs émotions. Travailler ainsi me permet de voir leurs yeux, de ressentir leurs états d’âme directement, comme des étincelles », précise l’artiste. Bruts et personnels, les clichés de Jialin Yan se lisent comme des extraits de journaux intimes. Des pensées brèves, qui marquent par leur pouvoir de suggestion.

© Jialin Yan

Louis Teyssedou

Enseignant du secondaire et photographe, Louis Teyssedou est aussi le conjoint d’une soignante. À Amiens, il s’est aventuré dans les coulisses de l’hôpital. L’objectif ? Documenter le quotidien de celles qui luttent sans cesse pour sauver des vies – au premier rang face à la pandémie de la Covid-19. « La cadre du service, dont la jovialité contraste avec la morosité ambiante, m’a accueilli et m’a présenté aux soignants. Ou plutôt aux soignantes. Car il y avait bien plus de femmes que d’hommes. Alors pour une fois, le féminin l’emportera sur la grammaire », raconte le photographe. Envahi par un sentiment d’humilité face à ces femmes, Louis Teyssedou s’est questionné sur ce qu’il pouvait bien capturer pour les mettre à l’honneur. « L’angle que j’ai trouvé fut celui des mains. J’ai découvert une petite ruche où chacun remplit sa fonction et s’affaire en silence. On déplie les draps, on prépare les lits et on accueille les malades. Tout semble ritualisé et déborde d’humanité », poursuit-il. Sans montrer la souffrance des malades, le photographe a voulu mettre en valeur les humains qui peuplent ce lieu – et lui donnent vie. Et pour soutenir le milieu hospitalier, il a initié une vente en ligne au profit du Docteur Mickey : un clown professionnel qui soigne les enfants par le rire.

© Louis Teyssedou

Image d’ouverture : © Jialin Yan