Nos coups de cœur #328, David Le Tellier et Pasquale Russo, photographient tout deux des scènes théâtrales. Le premier saisit la dramaturgie du monde urbain, et le second la mélancolie de l’être humain.

David Le Tellier

Photographe de 43 ans installé à Tours, David Le Tellier s’est tourné vers le 8e art après avoir suivi une formation de décorateur. « Je me suis ensuite lancé comme indépendant dans le graphisme, puis j’ai glissé vers le développement web, et enfin consultant en web marketing. En 2014, j’ai décidé de quitter ce métier pour la photographie », raconte-t-il. Aujourd’hui membre du Studio Hans Lucas l’auteur s’est formé en autodidacte, en regardant des tutoriels, et des documentaires. Parmi eux, War Photographer, dédié à James Nachtwey, ou In No Great Hurry, sur Saul Leiter. « Mon approche est instinctive, authentique. Je suis toujours en mouvement, mais je n’aime pas trop être à l’affût », confie David Le Tellier. Se spécialisant dans le noir et blanc, « pour aller à l’essentiel », il capture dans la rue comme dans l’intimité des scènes théâtrales, frappantes. « Je suis influencé par Irving Penn, Antoine D’Agata ou encore Daido Moriyama », précise-t-il. Graphiques, ses images nous immergent dans l’énergie du monde urbain, comme dans la douceur d’un matin hivernal.

© David Le Tellier / Hans Lucas

Pasquale Russo

« J’aborde mes images de la même manière qu’un artiste aborderait une toile vierge. Avant chaque prise de vue, j’ai une vision, que j’ai élaboré suite à de nombreux repérages, et à la musique que j’écoute, dont l’atmosphère m’évoque ma série photographique en cours. J’essaie de vivre ma vie au maximum, de ressentir chaque émotion autant que possible, afin de pouvoir ensuite les traduire en images », confie Pasquale Russo. À seulement 17 ans, le jeune auteur ne cesse d’expérimenter avec le médium. Inspiré par le cinéma et la musique des années 1990-2000, il construit un univers dramatique dans lequel évoluent des personnages énigmatiques – ses amis, transformés en modèles le temps d’un shooting. Sombres, ses portraits illustrent la mélancolie que le photographe associe aux dernières années de sa vie. Pourtant, dans chaque image, une source de lumière – une cigarette, une allumette, les phares d’une voiture – apporte une touche de légèreté, un espoir venu embraser les esprits.

© Pasquale Russo

Image d’ouverture : © Pasquale Russo