Patrick Zélis et Pauline Marzanasco transforment l’ordinaire en un décor poétique. Le premier s’intéresse au monde urbain, et la seconde plonge dans un univers aquatique. Voici nos coups de cœur #306.

Patrick Zélis

Né en 1983 à Bruxelles, Patrick Zélis est tombé amoureux de la photographie il y a une dizaine d’années. Depuis, il ne cesse de capturer le monde urbain avec un œil aiguisé. « J’aime particulièrement la photographie de rue et les compositions graphiques. Je m’intéresse aux lignes, aux formes et aux couleurs, qui se combinent pour créer mon sujet. Je cherche les jeux créés par la lumière et les ombres. L’ajout d’un ou plusieurs personnages vient perturber cette tranquillité et insuffler un sentiment de solitude, ou un peu d’humour », explique-t-il. Inspiré par l’instant décisif de Cartier-Bresson, le photographe tourne son regard vers l’ordinaire et aspire à le transformer en un décor loufoque ou poétique. « Ce grand photographe disait : de tous les moyens d’expression, la photographie est le seul qui fixe un instant précis. Nous jouons avec des choses qui disparaissent et, quand elles ont disparu, il est impossible de les faire revivre », poursuit Patrick Zélis.

© Patrick Zélis

Pauline Marzanasco

« À l’âge de 10 ans, mes parents m’ont offert mon premier boîtier. Un appareil photo argentique qui allait sous l’eau. Ça a commencé comme ça : des images de ma sœur et moi en pyjama dans la piscine, des marques de bronzage entre copines, et beaucoup de clichés ratés », se souvient Pauline Marzanasco. L’auteure de 29 ans suit aujourd’hui une démarche artistique intuitive, et se laisse porter par ses rencontres. Inspirée par ses études en sociologie, elle observe, s’imprègne avant d’appuyer sur le déclencheur. Lectoure renoue avec sa première expérience photographique. « Il s’agit de la deuxième série d’une exploration sous l’eau. Des corps en action, anonymes, qui racontent une histoire sont l’intérêt de mes recherches aquatiques », précise-t-elle. Dans cette piscine du Gers, capturée en noir et blanc, les maillots de bain deviennent des montgolfières et les corps semblent voler. Le soleil brûle la peau, et les cris joyeux des enfants retentissent. « Ce projet est un hymne à l’été déconfiné, à la liberté retrouvée, à l’insouciance de la rentrée », conclut l’artiste.

© Pauline Marzanasco

Image d’ouverture : © Pauline Marzanasco