Julie Baijer et Camille Brasselet, nos coups de cœur #305, maîtrisent l’art de la composition. La première capture les lignes géométriques de l’espace urbain, et la seconde le contraste entre le corps et son environnement.

Julie Baijer

« Séoulite est issue de mes déambulations dans la capitale de Corée du Sud. Les images qui la composent évoquent des passages, des traversées… “Traversée” est ici définie comme le passage d’un point d’origine à un point final, une action spatiale, ou psychologique », raconte Julie Baijer, 20 ans, étudiante en photographie à Louis Lumière. La jeune photographe a développé, depuis une dizaine d’années, une œuvre minimaliste, inspirée par l’architecture. « Ma vision déconstruite a pris un sens lorsque j’ai eu l’occasion de me confronter à des œuvres architecturales dans un but professionnel. La confrontation ralentie à ces géants statiques et intemporels donne la possibilité de refaçonner un sujet à partir de ses éléments fondamentaux : les lignes, les textures, et les contrastes », explique-t-elle. Avec Séoulite, Julie Baijer souligne son amour des compositions géométriques et partage ses errances en terres étrangères.

© Julie Baijer

Camille Brasselet

Originaire de Normandie, Camille Brasselet a étudié aux Beaux-Arts avant de se tourner vers la photographie. « Je pense que mon esthétique s’est beaucoup nourrie de ces diverses influences picturales. J’appréhende plutôt la construction de mes images sous forme d’aplats de couleur, de formes, et de points de vue », précise-t-elle. Fascinée par le corps et la place qu’il prend dans son environnement, l’artiste débute À côté en 2018. Une série graphique capturant des silhouettes – souvent nues – figées dans un espace coloré. « Je suis très stricte quant au cadrage, à la composition et aux couleurs : je ne dirais pas qu’il s’agit d’une quête de la perfection, mais plutôt d’une recherche de la forme photographique telle que je l’appréhende, qui me fait ressentir une certaine plénitude, une douceur sourde et étrange », confie-t-elle. Dominé par les tons pastel, l’univers construit par Camille Brasselet joue avec nos perceptions du réel et capture un espace aussi surréaliste que délicat.

© Camille Brasselet

Image d’ouverture : © Camille Brasselet