Valeria Dellisanti et Alper Goldenberg, nos coups de cœur #272, shootent tous les deux à l’argentique. Si la première capture l’intimité, le second préfère photographier l’énergie de la rue.

Valeria Dellisanti

Valeria Dellisanti, 24 ans, est une artiste venue d’Italie. Après avoir expérimenté avec le Polaroïd, le numérique ou même le Smartphone, elle se spécialise désormais dans la photographie argentique, et réalise des portraits intimes et délicats. « Comme tout esthète, j’aime le corps humain – plus particulièrement celui de la femme, qui est à la fois fort et fragile. J’essaie de représenter une autre vision de la beauté, plus diversifiée », explique-t-elle. Ses compositions, souvent mélancoliques, révèlent une volonté de montrer une figure féminine désexualisée. « Je travaille depuis 2017 sur un projet au long cours : je capture mes modèles dans leur chambre. En mêlant poésie et documentaire, je donne à voir la dimension secrète de cet espace privé, qui évolue en fonction des goûts et des cultures, et je confronte ma propre personnalité à celles des autres », confie-t-elle. Un travail frais et décomplexé.

© Valeria Dellisanti

Alper Goldenberg

« Je recherche toujours des liens entre les choses. Je crois qu’il existe une connexion entre chaque aspect de notre monde, et j’essaie de rendre visibles ces liaisons », déclare Alper Goldenberg. Ce photographe franco-turc a habité à Istanbul, Paris et Londres. Et c’est dans la rue qu’il puise son inspiration. « Dans ces espaces urbains, tout fusionne. L’être humain dialogue avec l’architecture, et les différentes cultures se mélangent. Chaque ville possède ses propres caractéristiques, et la rue est l’endroit idéal pour les capturer », explique-t-il. Privilégiant, à ses débuts, une esthétique monochrome, le photographe se tourne désormais vers la couleur. Une manière pour lui de capturer la poésie éphémère du territoire urbain. « En maîtrisant la composition, les images colorées peuvent devenir aussi intemporelles que le noir et blanc », ajoute-t-il. Une collection d’instants isolés tissant un récit collectif.

© Alper Goldenberg

Image d’ouverture : © Valeria Dellisanti