Anastasia Fedkina et Didier Barcelo puisent tous deux leur inspiration dans la nature. Si la première capture une lumière poétique, le second fige des ombres mystérieuses. Voici nos coups de cœur #253

Anastasia Fedkina

« Tout a commencé avec un orage. Je voulais immortaliser les nuages et les éclairs, mais je n’ai pas eu le temps de prendre mon boîtier. Après cet événement, je me suis juré de ne plus jamais rater les moments qui attirent mon attention », raconte Anastasia Fedkina. Cette jeune photographe de 21 ans, installée à Moscou, construit un univers délicat, mêlant corps, paysages et lumière naturelle. « J’aime mettre en avant l’atmosphère et le silence associés à l’image. C’est pourquoi j’organise mes shootings à l’aube ou au crépuscule », précise-t-elle. Inspirée par la nature, le cinéma et la musique du monde, elle aime se perdre à la campagne et ressentir les vibrations de son environnement. Un lien étroit qu’elle développe dans ses travaux. « Avec ma série Dark Orange Sunset, j’ai par exemple reproduit la palette de couleurs d’un coucher de soleil. Pour Time to sleep, j’ai attendu qu’un brouillard de plusieurs jours se lève afin de capturer l’atmosphère magique d’une soirée estivale », explique l’artiste. Une œuvre poétique aux notes végétales.

© Anastasia Fedkina

Didier Barcelo

Réalisateur, auteur, producteur et photographe, Didier Barcelo est un créateur inspiré. S’il pratique le médium depuis plusieurs années, il n’a jamais souhaité faire de l’image son seul métier. « J’évite ainsi les attentes et les frustrations qui vont avec cette profession », confie-t-il. « Je capture l’insignifiant. J’aime ce qui est simple, ce qui vient de la nature. Je ressens devant les espaces vides et déserts beaucoup d’émotions », explique le photographe. Une sensation qu’il capture dans Black Campagne. Au cœur des images sombres, les paysages du quotidien deviennent mystérieux, inquiétants. « C’est une série sur la perte de repère, explique Didier Barcelo. Je suis passé devant ces lieux des centaines de fois, je savais qu’un jour, je les photographierais. Et puis, un matin, je suis parti avec ma voiture de location. Il était tôt, très tôt. Le soleil se levait à peine et on ne pouvait distinguer qu’une brume épaisse et tenace enveloppant le paysage. » Dans un univers dominé par les ombres, l’auteur sublime la nature, devenue royaume imaginaire.

© Didier Barcelo