Cette semaine, la rédaction a sélectionné le travail de deux photographes français. Mathias Ponard livre une vision poétique du Liban tandis que Cécile André expose ses portraits délicats. Voici les coups de cœur #214.

Cécile André

Cécile André, 30 ans, vit en Bretagne. Graphiste de formation, Cécile a toujours été passionnée par l’image, la composition et les couleurs. À l’âge de dix ans, elle découvre la chambre noire avec son grand-père. Depuis, elle ne cesse de développer une approche photographique liée à l’affecte. Aujourd’hui, elle voit la photographie comme exorcisme. « J’essaye de m’inspirer de tout sauf du flux d’images dans lequel nous sommes constamment plongés. Je vais beaucoup au musée, j’adore la peinture et la sculpture…Mon entourage m’inspire également, c’est très important pour moi de m’entourer de personnes créatives », explique-t-elle. « Les gens autour de moi m’ont toujours fasciné, confie-t-elle. J’aime savoir lire une émotion ou deviner une pensée en regardant un visage. J’aime aussi imaginer la vie des personnes que je croise, capter une énergie et me servir de l’autre comme d’un miroir ». En photographiant ses modèles – essentiellement féminins – elle parvient à magnifier un espace par un corps. Un travail expérimental fascinant.

© Cécile André

Mathias Ponard

Après des études littéraires, Mathias Ponard, 22 ans, a choisi d’intégrer l’école de l’image Gobelins, en Bachelor photographie où il est actuellement en deuxième année. « J’ai toujours eu une relation étroite avec l’image. Je me suis d’abord plongé dans le monde du cinéma, un univers qui m’a longtemps fasciné. Le cinéma regroupe à peu près tout ce que j’aime : littérature, musique et une esthétique souvent très inspirante », explique-t-il. « Mon approche est assez frontale, je réalise mes photos sans construction préalable ; j’aime prendre une photo sur l’instant, dans la spontanéité d’un moment vécu », précise-t-il.

Pour cette série réalisée au Liban en octobre dernier, il a utilisé un vieil argentique Pentax 24×36. Un texte, un instant donné, une photo de Bernard Plossu ou encore une carcasse de voiture oubliée au Liban…Mathias capture la poésie dans les éléments qu’il croise. « Au Liban j’ai passé quelques jours à attendre de voir la mer. Je l’ai découverte le dernier jour. Elle était grise, sombre et dangereuse, aux antipodes  de la Méditerranée sereine. Ça m’a fasciné », confie-t-il. Un voyage poétique et humain à travers le Liban qu’il souhaite poursuivre à Paris. « J’aimerais rencontrer des acteurs de la diaspora libanaise, échanger avec eux sur leur rapport à leur pays d’origine. Je voudrais illustrer ces rencontres de documents d’archives, qui me permettraient de mieux comprendre historiquement et culturellement un pays que j’ai survolé », conclut-il.

© Mathias Ponard

Image d’ouverture © Cécile André