Lucas Morin raconte le quotidien d’adolescents contraints de vivre dans une ville éteinte tandis que Costanza Gastaldi propose une traversée poétique, aux frontières de la France et de l’Italie. Voici les coups de cœur de la rédaction.

Lucas Morin

Lucas Morin, 18 ans, étudie la photographie aux Gobelins, à Paris. Originaire d’une petite ville de campagne située en Lozère, Mende, il décide d’y revenir et de photographier les adolescents qui s’y trouve. « Une génération qui grandit dans l’ombre des gens de la ville ». Là-bas, « les jeunes n’ont qu’une idée en tête : partir. Partir et découvrir le monde dont ils ne connaissent rien. Lorsque la nuit tombe, tout le monde sort, car personne ne veut rester avec sa famille. La ville est éteinte. Il n’y a aucun espace vert, et on compte de nombreux bâtiments en bétons. Il faut marcher pour s’abandonner dans des hectares de forêt », raconte Lucas.

 

© Lucas Morin

Costanza Gastaldi

Costanza Gastaldi prouve avec sa série Lac qu’il existe une interaction entre le territoire, la géographie et la photographie. « Petite, quand nous partions à la montagne pour aller skier, nous devions « passer les contrôles » à la frontière France-Italie. Il fallait alors sortir les passeports, se montrer courtois et silencieux face aux policiers et attendre leur accord pour poursuivre notre voyage. Ce rituel m’impressionnait à chaque fois. Et puis, plus tard, on m’expliquait que ces frontières n’existaient plus », se souvient la photographe italienne. « Aujourd’hui, je voyage beaucoup et je constate avec tristesse comme un retour aux frontières. Sommes-nous face à une remise en question de cette liberté de circulation des personnes, qui plus jeune m’excitait tant ? »  Costanza partage avec ces images poétiques sa vision du voyage. Une traversée contemplative qui invite au silence.

Costanza Gastaldi,
Costanza Gastaldi,

© Costanza Gastaldi