Avec sa foire internationale, son magazine, et une plateforme web consacrés au 8e art, Unseen Amsterdam s’impose comme un acteur majeur du milieu de la photographie contemporaine aux Pays-Bas.

« Repousser les limites de la photographie », tel est l’objectif poursuivi par Unseen Amsterdam, foire internationale, magazine et plateforme web. « La photographie est plus populaire et importante que jamais, et les artistes ne cessent de repousser les limites du média, redéfinissant ce que la photographie est et peut faire. Il s’agit là d’une évolution passionnante, qui souligne une chose: la photographie est l’un des outils de communication les plus appropriés pour interpréter, questionner et redéfinir la réalité qui nous entoure », annonce Amelie Schüle, commissaire d’exposition pour Unseen Amsterdam. Aux Pays-Bas, et notamment dans la capitale néerlandaise, on compte plusieurs institutions et espaces dédiés aux projets innovants. Le paysage photographique est très riche, et les artistes qui expérimentent sont nombreux : Melanie Bonajo, Alexandra Hunts, Scheltens & Abbenes ou Persijn Broersen & Margit Lukács, entre autres. « J’observe qu’ils ont tendance à développer des projets qui s’étendent au-delà du cadre et redéfinissent ainsi la photographie. Dans nombre sont enrichis et renforcés par l’utilisation de la fiction ou d’autres supports tels que la vidéo, la sculpture ou la réalité virtuelle. »

© Alys Tomlinson

Passerelles entre les médias

La foire Unseen Amsterdam a été fondée en 2012 dans le but de consacrer un espace aux talents émergents et aux artistes établis qui présentent leurs dernières créations. « Unseen a été créé pour mettre en valeur la diversité de la photographie, tout en mettant l’accent sur l’invisible. La foire s’adresse aux collectionneurs confirmés ainsi qu’aux jeunes collectionneurs », précise Amelie Schüle. Unseen Amsterdam a évolué au rythme de la création contemporaine. En 2018, l’événement a attiré 25000 visiteurs. Désormais, un festival s’ajoute à la foire et propose un programme de conférences, d’expositions, en établissant des passerelles entre les médias. En témoigne le rendez-vous qui se tiendra le 17 mai 2019 à Londres : « Je travaille actuellement sur une conférence avec la London School of Economics, explique la commissaire. Nous aborderons la photographie et le développement urbain. Dans le prochain numéro du magazine, le photographe et écrivain britannique Lewis Bush proposera un article sur le traitement du phénomène de la gentrification par les photographes. » Une occasion d’établir un dialogue entre chercheurs et artistes travaillant sur des thèmes similaires. Car une des missions est bien d’augmenter l’impact des arts sur la société. Et pour ce faire, Unseen se déploie sur la Toile. Plus de deux cents photographes sont présentés chaque année sur une plateforme web de curation et d’échanges. Langages visuels fascinants, techniques expérimentales, les équipes tentent de repousser les limites du 8e art. « Foire, plateforme et magazine sont interconnectés, c’est une sorte de collage ! », précise-t-elle. Les artistes présentés en galerie figurent sur la plateforme et trouvent souvent une place en print. Quant à ceux publiés dans le magazine, ils pourraient être invités à prendre la parole dans le cadre des conférences données durant les manifestations. « C’est très stimulant de travailler dans ce genre d’écosystème », estime Amelie Schüle.

Cet article est à retrouver en intégralité dans Fisheye #36, en kiosque et disponible ici.

© Ulrich Gebert

© Maria Kokunova

© à g. Eva Sajovic, à d. Maria Kokunova

Foire Unseen Amsterdan

Du 20 au 22 septembre 2019 à Amsterdam, Pays-Bas

La Fisheye Gallery y présentera une sélection de photos inédites de

Delphine Diallo, Théo Gosselin et Maud Chalard.