Direction Boulogne-Billancourt, où Initial Labo s’est refait une beauté. À l’occasion de la réouverture du lieu, le laboratoire devenu concept store a accueilli Famille nombreuse, une exposition du collectif Bruxellois La Straussphère qui accompagne Roméo Elvis depuis 2016. Cet article est à retrouver dans notre dernier numéro.

Une renaissance plus qu’une réouverture. La distinction est importante pour Denise Zanet, directrice du marketing et du développement de la structure Métropole. Un an et demi plus tôt, sa société spécialisée dans l’impression numérique et dans la régie événementielle a acheté Initial Labo, un laboratoire très mal en point. « L’équipe, comme le laboratoire, a été conservée tandis que le concept a évolué. L’Ouest parisien manquait cruellement de structure photographique. L’idée était de créer un espace convivial tout en marquant une rupture, explique Denise, à la tête du lieu depuis un an. Nous soutenons la photographie, les photographes, et nous souhaitons faire découvrir le 8eart à tous. Désormais, chez Initial Labo, il est possible de parler photographie à tous les niveaux. » Les prestations liées à l’image – traitement, numérisation, encadrement et scénographie – se poursuivent et se développent. Le laboratoire s’est équipé d’une nouvelle imprimante 3D grand format (disponible chez Métropole), et cherche à investir dans l’impression Piezo – un procédé qui utilise des encres aux pigments de charbon.

Avec ses 600 m2, Inital Labo devient un espace ressource où l’on trouve une librairie dotée d’une sélection d’ouvrages de référence – livres des éditions Xavier Barral ou Actes Sud, notamment, mais aussi une boutique qui rassemble photographes, graphistes et créateurs. Le visiteur pourra ainsi découvrir les élégants carnets de la collection Louise Carmen, où s’amuser à retrouver les boîtiers de légendes devenus bijoux grâce au savoir-faire de l’atelier Paulin. Autre nouveauté, Initial Labo ouvre une galerie. « Nous accueillerons cinq à six expositions par an, durant un mois et demi environ. En complément, nous organiserons aussi des ateliers, des conférences, des projections et des lectures de portfolios », précise Denise Zanet.

© Initial Labo

Montrer d’autres facettes

Pour sa première exposition, Initial Labo a accueilli le collectif La Straussphère et sa Famille nombreuse. Un événement en forme de clin d’œil à un EP du rappeur belge Roméo Elvis produit quand il était étudiant. « Famille nombreuse dévoile d’autres facettes du parcours de Roméo. S’il occupe une place centrale dans ce projet, il n’est pas seul : on compte le public, l’équipe technique, les amis, et toutes les personnes qui gravitent autour. Nous sommes une famille », confient Martin Gallone et Nicolas Catalano, les deux photographes du collectif. Depuis 2016, le binôme suit le rappeur belge et documente son ascension. « Il y a des images de scène, évidemment, mais nous montrons aussi les à-côtés. Les défis artistiques y sont plus intéressants », confient les deux complices qui ont travaillé matières et textures dans une scénographie non linéaire. « On peut y apercevoir Roméo Elvis qui semble malade, vidé de toute son énergie après un concert : on dirait presque qu’il a donné son âme. Impossible de produire de telles images sans confiance, complicité et bienveillance. Cette exposition témoigne d’une générosité extraordinaire à l’égard de leur communauté », commente Denise Zanet.

 

Cet article est à retrouver dans son intégralité dans Fisheye #40, en kiosque et disponible ici.

© La Straussphère