Le collectif Gasp veut faire bouger le petit monde de la street photography via son site d’actualité et ses événements originaux tel le « battle photographique ». Le credo des sept aventuriers qui composent le groupe : saisir des images à l’effet waouh ! Cet article est à retrouver dans notre dernier numéro.

« Gasp, c’est un projet entre copains », explique Cyril Abad, photographe à l’origine du collectif de street photography créé il y a un peu moins d’un an. « En 2015, j’ai rencontré Joel Meyerowitz à Paris Photo pour lui faire dédicacer son ouvrage Cape Light. Comme je lui demandais une réflexion sur la photographie de rue, il m’en a donné sa définition: “When something – anything – makes you gasp, stop, the photography comes from the gasp”. » Traduction : « Quand quelque chose – n’importe quoi – te coupe le souffle, arrête-toi, l’image est là, elle vient de ce saisissement. »

C’est donc ce mot, telle une interjection exprimant un cri de surprise, qui devient l’étendard de ralliement pour les sept photographes – six Français et un Américain – rassemblés autour de la conviction que « la photo de rue est une forme d’écriture de la photographie documentaire ». Tous – Cyril Abad, Didier Bizet, Lou Camino, Hervé Chatel, Markko Jarron, Denis Meyer et Nima Taradji – sont des professionnels persuadés que la discipline mérite davantage de visibilité, en France et dans le monde. Avec un site principalement rédigé en anglais, le collectif affirme sa volonté de « sortir du cercle des photographes parisiens ». Et ça marche : 70 % des propositions proviennent de l’étranger !

© Hervé Chatel

Avoir sa « weekly dose » de découvertes

Si la plateforme sert de vitrine au travail des sept compères, elle est aussi et surtout un outil de promotion de nouveaux talents. « Tous les lundis, nous publions la Weekly Dose, un rendez-vous hebdomadaire présentant les clichés d’autres photographes », explique Cyril Abad. Le principe est simple: sur le site, internautes et autres passionnés de street photography soumettent leurs plus belles photos sur l’onglet « The weekly dose submission». Le collectif choisit ensuite, parmi les travaux reçus, les sept meilleures images, et écrit quelques lignes sur leurs auteurs. Si vous voulez être publiés, évitez les sujets trop banals… « Nous avons des exigences. En plus de sélectionner des photos bousculant les codes de la composition, nous sommes aussi sensibles aux images singulières et humoristiques », précise Cyril Abad. Les membres de Gasp traquent les publications sur la Toile et présentent parfois des signatures plus confirmées qui font des incursions au sein de la Weekly Dose, comme celle de Patrick Cockpit ou de Martin Kollar dont les photographies, issues de son livre Nothing Special, ont été mises en ligne sur le site. Avant d’être online, Gasp est d’abord et avant tout un collectif qui œuvre dans la vraie vie et dans la ville en fédérant autour de lui une communauté de photographes passionnés par la photographie de rue. Et dans cette quête, les projets physiques ne manquent pas: des expositions collectives, l’édition de livres, l’organisation de soirées inédites… Comme, par exemple, celle du lundi 12 mars. Il s’agissaitt d’une « battle photographique » à Paris, une première en France ! Le concept s’inspire des affrontements entre rappeurs ou des matchs d’improvisation théâtrale : deux équipes de photographes vont se mesurer à coups de clichés durant toute une soirée. Un nouveau rendez-vous qui n’a pas manqué de révéler des images qui claquent, des images qui, précisément, coupent le souffle selon les termes de Joel Meyerowitz.

© Denis Meyer

© Lou camino

© Markko Jarron

Le 20ème rugissant
A man looks at me over these glasses in front of an ice cream store in Mission beach,San Diego.Four months after the election of Donald Trump, in the south of the United States, we are witnessing the decline of the American dream. Through sometimes funny or poetic sketches made without special effects, this three-part report shows us the last moments of the American dream, at least in its original form. Quatre mois après l'élection de Donald Trump, dans le sud des Etats Unis, on assiste au déclin du rêve américain. Au travers de saynèttes parfois cocasses ou poétiques réalisées sans effets spéciaux ce reportage en trois parties nous donne à voir les derniers instants du rêve américain, du moins dans sa forme originelle.

© Cyril Abad

Une femme fume une cigarette dans un café vintage communiste à Saint-Petersbourg le 3 octobre 2013. Les blagues sur le communisme ne font pas rire tout le monde.
Loudspeakers in corridors and escalators regularly broadcast messages for people in stress or depression and offer free help. Suicides are most frequent in spring and autumn. Moscow May 2017.

© Nima Taradji

Cet article est à retrouver dans Fisheye #29, en kiosque et disponible ici.