LÉGENDE

Actualités

L’exposition émancipée La politique

Le musée Carnavalet s’engage à « rompre avec la sous-représentation des femmes » dans sa nouvelle présentation des collections permanentes ainsi que dans la programmation de ses expositions temporaires. Une décision salutaire que confirme l’exposition événement Parisiennes citoyennes ! inaugurée fin septembre. 

AFP, de l’argentique à l’iconique, un journal sensible de l’Histoire – L’évènement

Les archives argentiques de l’Agence France-Presse font, comme l’an dernier, l’objet d’une exposition et d’une vente aux enchères cet automne. Ces nouvelles pépites mises au jour rejoignent les premières dans un ouvrage édité par Fisheye et préfacé par Michel Poivert,  historien de la photo, avec les contributions de Didier Daeninckx, Négar Djavadi, Christophe Onodit-Bio, Élise Lucet, Alain Mabanckou, Tardi et de Karine Tuil, notamment. 

Génération Roger Pic – Le Prix

Depuis trente ans, le prix Roger Pic décerné par la Société civile des auteurs multimédia (Scam) récompense « l’auteur ou l’autrice d’un portfolio photographique qui documente le réel et interroge l’humain avec singularité ». Retour sur une distinction qui s’inscrit dans la tradition de la photographie humaniste et ses évolutions, à l’occasion de son 30e anniversaire et du tiré à part publié par Fisheye. 

Portfolio et histoires

C’est l’histoire : des algues du mal, de corps qui battent à tout rompre, d’une rééducation sentimentale, d’un trip mythologique, de théories de folie, et de balles en plein cœur.

Le vert et le noir, Alice Pallot

Contemporaine, Alice Pallot, 27 ans, l’est pour de nombreuses raisons. D’abord parce que, consciente que seule la synergie du collectif pourra sauver ce qui peut encore l’être, elle sait mettre son égo sous cape, et ne parle pas trop d’elle-même. Préférant évoquer celles et ceux qui l’ont soutenue plutôt que les efforts qu’elle a déployés pour circonscrire un sujet plus vaste que la Bretagne désormais puisqu’on retrouve ces algues du mal jusqu’à Calais. 

Corps et graphies, Sarah Punt

Ancienne danseuse, la photographe puise dans la liberté de cet art pour faire surgir des ténèbres des esquisses à la grâce touchante. Mains entrelacées, hanches arrondies, dos arqués… Dans les images de l’artiste, l’identité s’efface pour ne laisser place qu’au graphisme. Sublimé par des tons neutres, organiques, chaque détail transcende l’obscurité pour révéler tantôt l’absurdité, tantôt la sensualité.

Serial Story, Diana Markosian

Alors que la devise du territoire, le rouble, ne cesse de chuter et que la qualité de vie se dégrade, les Russes doivent se rendre à l’évidence : le pays qu’ils occupent est en train de devenir inapte à la vie. « C’était comme si nous n’existions pas aux yeux du monde », commente Diana Markosian. Peu de temps après l’effondrement, ses parents se séparent – son père avait entamé une liaison avec une autre femme – et sa mère prend une décision qui changera à jamais leur existence : elle s’envole brusquement, avec ses enfants, pour les États-Unis. 

Expérimentations en terre sacrée, Julien Lombardi

Dans le récit polyphonique de Julien Lombardi, les documents sont presque aussi nombreux que les acteurs. Aux archives nationales se mêlent des documents anthropologiques, des photos satellites ou issues de Google Street View, ou encore des livres de voyageurs. « Ces documents informatifs deviennent ensuite des sources de création », confie l’anthropologue de formation. 

Ondes de conspiration, Esther Gabrielle Kersley

C’est au beau milieu de la pandémie qu’Esther Gabrielle Kersley a imaginé The Fifth Generation. La photographe britannique – journaliste politique de formation – travaillait alors dans le fact-checking. « J’ai commencé à étudier la désinformation en ligne après que l’élection présidentielle américaine et le référendum sur le Brexit, en 2016, ont exposé toute l’influence qu’elle peut exercer sur des événements démocratiques d’envergure, nous explique-t-elle. Lorsque j’ai amorcé la série, en 2021, les attaques contre le Capitole américain venaient de se produire. Ces émeutes avaient un lien avec les théories de QAnon. J’ai pensé qu’il serait intéressant de se concentrer sur une conspiration qui s’était propagée sur internet pendant un certain temps et avait touché un grand nombre de personnes sans avoir bénéficié de la même couverture médiatique. » 

Carnet de balles, Felipe Jácome & Svetlana Onipko

Le projet Unbroken a pris corps grâce à la collaboration du photographe et de Svetlana Onipko, danseuse elle aussi au Ballet national d’Ukraine et photographe, qui s’étaient rencontrés deux ans plutôt. Svetlana raconte comment elle a appris le début de la guerre, entre un texto de sa mère et les messages de ses amies ballerines sur WhatsApp qui entendaient tomber les bombes.

Agenda

Festival du regard

Bonjour la nuit ! Tel est le thème de la 7e édition de ce très beau festival qui propose un ensemble d’expositions de qualité présentées cette année dans un nouvel espace : la galerie du centre commercial Les 3 Fontaines à Cergy-Pontoise. Un lieu singulier, décrit par l’écrivaine Annie Ernaux dans Regarde les lumières mon amour, nous rappellent Sylvie Hugues et Mathilde Terraube, les deux directrices artistiques de la manifestation. 

Boris Mikhaïlov, Journal ukrainien 

Le célèbre photographe ukrainien qui a représenté son pays à la Biennale de Venise en 2007 et 2017, et qui est aussi l’un des fondateurs de l’École de Kharkiv (collectif de photographes non conformistes dont les œuvres critiquent l’esthétique de l’URSS) fait l’objet de deux expositions majeures. Avec en premier lieu la Maison européenne de la photographie (MEP) présentant une rétrospective de l’artiste en une vingtaine de séries et quelque 400 pièces. 

Volle Petrol

La première exposition monographique de l’artiste belge à Bruxelles présente une importante sélection d’images liées à la représentation du corps féminin. La photographe y interroge sans relâche les normes qui enferment les corps, sans se départir de sa touche d’humour surréaliste qui participe à la singularité de son écriture.