FRISSON

Actualités

Un après-midi avec Susan – Le portrait

À l’occasion de la dernière édition de Paris Photo, la photographe Susan Meiselas nous a accordé une interview durant laquelle les questions sont passées à la trappe… et s’est transformée en échange révélant la richesse de cette photographe légendaire.

Transmutation du réel – L’expérience

De la réalité à la fiction, de la nostalgie au futurisme, des termes scientifiques à la culture populaire, Sara Sadik, l’artiste bordelaise basée à Marseille est attirée par les contrastes. C’est là, dans cet équilibre esthétique fascinant qu’elle puise la sève de son art post-internet.

Regards de lutte – La politique

Les Correspondants de l’Humanité, regards de photographes, qui vient de paraître aux éditions du Seuil, met au jour le patrimoine photographique inédit que constituent les images prises par les bénévoles du quotidien l’Humanité tout au long d’un demi-siècle de luttes sociales.

Portfolio et histoires

C’est l’histoire : de montagnes aux pieds d’argiles, d’une chair mère, d’un atlas infini et éphémère, de crimes glacés, de ce que veulent les flammes et de l’existence des dieux.

Aux sommets de l’absurde, Mattia Micheli & Nicolò Panzeri 

Dans Yes to all, le duo de photographes Mattia Micheli & Nicolò Panzeri interroge notre lien aux Alpes et souligne l’anthropisation du massif montagneux. Une enquête photographique empreinte de dérision autour d’un territoire longtemps resté sauvage, soumis aujourd’hui à un tourisme de masse.

Viscères au poing, Elizabeth Hibbard

Tentant de percer à jour l’énigme du lien originel – celui que la conscience a tenté maintes fois de refouler, mais qui hante encore la mémoire des corps et a fortiori de la sexualité –, Elizabeth Hibbard file la métaphore de tout ce qui la relie à sa mère. Elle revient ainsi aux prémices, au cordon ombilical qui la rattacherait éternellement à l’utérus maternel. Entre les deux, un espace sacré, à l’abri des incidences humaines. Néanmoins, réside dans l’ensemble un dégoût étrange, quelque chose qui rebute, qui arrache les peaux et qui tenterait presque de renaître, en dehors de tout et de la mère surtout.

Cartes blanches, Grégoire Eloy

Les images sont belles, blanches, graphiques. Rêveuses. On les parcourt avec plaisir, l’œil s’y attarde avec gourmandise, attiré par des aspérités granuleuses, des masses sombres et sinueuses, sensuelles. Sans horizon et saturés de matière grise, les clichés intriguent, fascinent. Ne sachant dans quel sens les regarder, on perd la notion de l’espace. On les tourne et les retourne encore. Rien n’y fait, le mystère demeure, le charme aussi.

Glace Affaires, Frankie Carino

C’est en recherchant de véritables grottes glacées que Frankie Carino découvre l’existence des Ice Castles. Fasciné par leur existence, il se rend rapidement sur place et parvient à capturer la construction des châteaux. Là, dans cet univers glacial, l’auteur shoote les stalagmites, les tunnels, les falaises glacées dont les textures et les couleurs évoquent un monde fantastique, inconnu. De part et d’autre, des artisans vêtus de simples t-shirts apparaissent armés de tronçonneuses et conduisant des tracteurs, modelant sous un ciel bleu la neige pour lui donner la forme escomptée. Une collection d’images faites de contrastes et d’absurdités révélant l’importance de l’intervention humaine dans la mise en place de l’illusion.

Antérequiem, Myriam Boulos

« J’ai commencé par prendre des photos nocturnes uniquement », car à Beyrouth, la nuit, tous les chats ne sont pas gris. « C’est le moment où la carte sociale de la capitale émerge, où les masques tombent, où les gens cessent d’être en représentation et où les disparités entre les différentes parties de la société, le contraste entre les très pauvres et les très riches voit le jour. » Une première mise à nu, donc, pour la jeune photographe, qui va chercher la réalité sous un angle cru, au flash direct. « C’est une façon pour moi de percevoir la matérialité, la texture des choses. » Le grain de la photographie pour sentir le grain des peaux ?

Croyances croisées, Elliot et Erick Jiménez

Jouant avec les contrastes et les nuances, les photographes capturent des allégories des divinités vénérées, à la croisée des orishas et des saints. Figures fantasmagoriques et pénétrantes, leurs modèles arborent tour à tour des attributs des deux religions : du camail, une protection de tête en maille, populaire au Moyen-Âge, à la fraise blanche des prêcheurs, en passant par la grâce d’Oshun, déesse de la sensualité et des natures mortes fleuries – références aux offrandes yorubas. Pourtant, malgré le contraste des symboles, ces figures demeurent indéchiffrables. Unies par une noirceur profonde, presque surnaturelle, elles deviennent les témoins d’un échange à l’épreuve du temps.

Agenda

Désirés, de la représentation érotique des hommes

De formes fantasmées à la documentation du quotidien, le parcours de l’exposition aborde plusieurs thématiques touchant au désir et aux masculinités. Il questionne la place de la distance et celle du langage dans nos vies érotiques, les codes genrés et les rapports de forces qui agissent dans la séduction et la sexualité, le regard désirant à l’épreuve du temps ou au sein du couple et nous engage à porter notre curiosité hors des sentiers battus de l’hétéronormativité. Une proposition qui rassemble 8 artistes de la scène française imaginée par la 110 Galerie et Lusted Men – une association qui collecte depuis 2009 des photographies érotiques d’hommes pour « bousculer les représentations de genre et réaffirmer la dimension politique du désir »

Zanele Muholi

« Depuis sa formation au Market Photo Workshop de Johannesbourg et à l’université Ryerson de Toronto, Zanele Muholi n’a jamais abordé la photographie (ou la vidéo d’ailleurs) en se limitant aux conventions des pratiques documentaires traditionnelles, analyse Simon Baker, directeur de la MEP. Partant d’une conception centrée sur la représentation de la réalité des individus photographiés, son travail nous force à réfléchir et souvent à réviser notre jugement sur la manière dont la représentation elle-même peut exclure certaines communautés et identités. » Cette première rétrospective en France de l’artiste activiste sud-africaine de renommée internationale, dont le travail documente la vie de la communauté noire LGBTQIA+, rassemble plus de 200 photos, vidéos et installations. Un événement majeur.

Obsessions

Associant les clichés de Thibault Lévêque aux poèmes « doux brutaux » d’Éva Bottega, cette exposition dessine les obsessions pop/trash d’un couple qui nous raconte ses amours itinérantes dans des motels premiers prix aux moquettes fatiguées au cœur de l’Ouest américain. Outre les images de Thibault et les textes d’Eva, plusieurs objets participent à la scénographie, qui intègre également une vidéo. Enfin, on pourra aussi trouver sur place Tchachachao, le premier livre de Thibault Lévêque publié aux éditions Fisheye (35 €, 116 pages) l’été dernier.