FRÉNÉSIE

Actualités

Mathieu Pernot, l’humilité au service du réel – Le portrait

Depuis son reportage sur la famille Gorgan, toujours en cours, jusqu’à son atlas des migrations, la pertinence des travaux du photographe lui vaut de nombreuses distinctions. Retour sur une carrière exemplaire. 

Arts numériques, le paradoxe écologique – L’expérience

Si l’art digital a depuis bien longtemps sonné la révolution verte, le mouvement environnemental progresse grâce à une pratique toujours plus soucieuse de la planète. Entre low-tech, recyclage et détournements, nombreux sont les artistes à poser aujourd’hui les bases d’un art écoresponsable. 

Décoloniser les regards – La politique

Décadrage colonial, la nouvelle exposition de la Galerie de photographies du Centre Pompidou montre comment une avant-garde artistique a affronté la vision raciste dominante au cours de l’entre-deux-guerres, et dont le point d’orgue fut l’Exposition coloniale de 1931, à Paris. 

Portfolio et histoires

C’est l’histoire : d’une jeunesse qu’on ne cesse de sacrifier, de café noir (et blanc), de chaos techniques, d’une planète qui fond en beauté, des formes que peuvent prendre les silences brisés et de couper-coller tout un art. 

Chronique d’une jeunesse ukrainienne, Guillaume Herbaut

Guillaume Herbaut arpente l’Ukraine depuis 2001. Il s’y rend chaque année pour instruire son enquête, rencontrer les femmes et les hommes de ce pays, tenter de comprendre ce qui se joue dans cette partie de l’Europe. Dans cette nation qui a retrouvé son indépendance en 1991, dans l’onde de choc de la chute du mur de Berlin et de la dislocation de l’URSS. Au fil de ses reportages, il découvre les plages d’Odessa, les défilés militaires, les manifestations de la «révolution orange », les conditions précaires des mineurs du Donbass, les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, les pro- russes et les militants d’une Ukraine indépendante, les acteurs de la vie politique comme les créatrices du mouvement Femen… 

Contes de comptoir, Anders Petersen

C’est par hasard qu’en 1962 Anders Petersen, alors âgé de 18 ans, découvrit cet endroit populaire et s’y fit des amis. Lorsqu’il revint à Hambourg, en 1968 (…) il retourne au Café Lehmitz, retrouve d’anciens contacts, se familiarise avec des nouveaux, s’installe là – il y vit vraiment en échange de quelques heures de baby-sitting – et photographie. En noir et blanc, en lumière ambiante – pas de flash qui figerait les situations et tuerait l’ambiance enfumée –, il s’immerge dans cet univers en déséquilibre où la bière coule à flots, où l’on danse, discute, flirte et se tripote, où l’on joue au flipper sur fond de musique déversée par le jukebox. 

Comme par accident, Nicolas Descottes

« J’ai surtout voulu montrer comment ces objets se trouvaient métamorphosés, sculptés par les flammes. Cette image-là, c’est presque un théâtre qui dégoulinerait. Ce faux avion a un côté burlesque, s’amuse- t-il. Je joue avec une ambiguïté. On ne sait pas si ce sont des décors de cinéma ou des accidents réels. Or ce n’est ni l’un ni l’autre. C’est toujours trop parfait pour l’un ou imparfait pour l’autre. C’est un entre-deux. » 

Dans la glace, Leonardo Scotti

« Comment rendre compte avec esthétisme d’une société consumériste et décadente, négligeant l’urgence climatique ? » Telle est l’interrogation à laquelle Leonardo Scotti s’efforce de répondre. Originaire de Milan et actuellement installé à New York, le photographe italien s’est porté spontané- ment vers le médium photographique à mesure que sa curiosité pour le visuel grandissait. Depuis, il façonne une identité graphique où l’ensemble des modèles et objets semblent animés par un idéal d’outrance. 

Album thérapie, Loïc Laforge

« J’ai choisi ce mot de “silence” car selon moi, c’est la caractéristique de ce genre de récits. Il y a autant le silence imposé aux victimes par les auteurs de ces abus que celui que l’on s’impose pour tout un tas de raisons. Solitude, manque de réponses, de proches à qui se confier, crainte du jugement des autres, peur que cela s’aggrave, ses propres croyances aussi – ce que l’on imagine de la vie de famille, l’espoir qu’on y met –, beaucoup de honte et de culpabilité… Du point de vue de l’enfant que j’étais, le conflit de loyauté était très important, j’étais tiraillé… », nous explique Loïc Laforge.

Surréalisme par la bande, Nico Krijno

Natures mortes insensées, bugs organiques, paysages séquencés… Dans les œuvres de Nico Krijno, le monde arrête d’avoir du sens, et le rôle même du 8e art en tant que « médium du réel »est mis à mal. « Je brouille toute information spatiale et comprime l’information visuelle pour interroger la perception de la photographie conventionnelle quotidienne », ajoute l’auteur. Perçus comme une danse, où chaque essai de collage évoque un couple esquissant quelques pas, ses montages transcendent le concret pour représenter un univers plus intérieur. 

Agenda

Photo Days 

Fédérant plusieurs événements photo parisiens, Photo Days se caractérise par l’organisation de parcours individualisés, pour les collectionneurs comme pour les amateurs, mais aussi par la création d’événements et d’expositions dans des lieux jusque-là interdits à la photo- graphie comme la Rotonde Balzac, les jardins de l’hôtel Rothschild, le Flore ou encore la Sorbonne Artgallery. Initié par Emmanuelle de l’Écotais (docteure en histoire de l’art spécialisée en photographie), Photo Days propose notamment des lectures de portfolio, des conférences, des projections et des workshops. 

Renverser ses yeux

Au cours des années 1960 et 1970, les avant-gardes italiennes s’emparent de l’arte povera et proposent des réponses critiques et politiques face à l’importance prise par les médias dans la société. L’exposition explore la relation des artistes à l’image mécanique à travers deux lieux et quatre thématiques. Le Bal traite ainsi des questions du corps, tandis que le Jeu de Paume s’intéresse à l’expérience, à l’image et au théâtre. Le titre de l’exposition, Renverser ses yeux, fait référence à l’œuvre éponyme de Giuseppe Penone Rovesciare i propri occhi. 

PhotoSaintGermain

S’étendant sur une quinzaine de jours, le parcours PhotoSaintGermain est toujours aussi riche et propose, pour sa 20e édition, une superbe programmation. Le photo- journalisme s’invite cette année aux festivités grâce au prix Carmignac dont la lauréate, Fabiola Ferrero, explore la disparition de la classe moyenne au Vénézuela.