Patrick Mouzawak est un photographe libanais qui aborde la question de la diaspora dans son pays natal à travers sa série in memory with. Un projet singulier où la mémoire et l’identité s’assemblent comme les pièces d’un puzzle coloré.

Images commerciales ou mises en scène absurdes ? Ni l’une ni l’autre. Il s’agit plutôt d’un projet identitaire où la notion de souvenir prend, ici, tout son sens. Si Patrick Mouzawak photographie, il reconstitue des réalités. Des réalités fictives, certes, mais des réalités. Ses sujets ? Des amis et des membres de sa famille, éloignés géographiquement. Tous ont en commun d’être libanais et d’avoir déménagé en Europe, « un endroit meilleur ». L’histoire démarre par une série d’échanges réalisés par textos, mails ou Skype – point de lettre en 2017. Comme un puzzle, il récolte des données et les assemble pour finalement (re)construire sa propre perception. Il dévoile à travers ce projet quelques indications quant à l’adaptation de chacun des protagonistes dans leur nouvel environnement.

Dans sa pratique, il essaie d’appliquer la maxime de l’un de ses maîtres, Elliott Erwitt : « la photographie est l’art de l’observation. Il s’agit de trouver quelque chose d’intéressant dans un endroit ordinaire. J’ai réalisé que ça un peu à voir  avec les choses que vous voyez, et tout à voir avec la façon dont vous les voyez. » Concrètement, Patrick se laisse guider par l’instant présent, loin de toute forme de contrôle, et parvient à évoquer un pays à travers un objet banal. Paris, Bruxelles, Berlin, Amsterdam, Florence ou encore Barcelone, la ville importe moins que les histoires cachées derrière les portraits. Comment fonctionne notre mémoire ? Quels sont les objets que nous conservons et pourquoi ? Des questions qui émergent à la lecture de son travail et qui appellent à la réflexion en ces temps de surconsommation…

© Patrick Mouzawak