Photographe et explorateur, Paul Sisson aime voyager, son boîtier à la main à la recherche du spontané. Sa série Not so far from here l’emmène dans l’ouest des États-Unis, à la découverte des vastes espaces isolés.

Passionné par la photographie depuis l’adolescence, Paul Sisson favorise, encore aujourd’hui, la spontanéité de la jeunesse. Ses images parlent de voyage, de solitude et de liberté. Elles deviennent des tableaux, permettant de documenter la condition humaine. « Pour moi, la photographie est le parfait équilibre entre l’art et la science, la vérité et la manipulation », explique-t-il. « On peut raconter n’importe quelle histoire avec une photo, mais en même temps, une photo ne ment jamais ». Dans ses clichés de paysages américains, en effet, réalisme et imaginaire semblent se chevaucher.

Une contrée oubliée par la modernité

Not so far from here illustre un road trip solitaire. Une excursion dans un ouest abandonné, à la recherche de paysages où l’homme laisse place à la nature. « Je prenais toujours les routes les moins utilisées, me focalisant sur mon projet plutôt que sur ma destination », se souvient Paul. « C’est une expérience extrêmement libératrice que d’être sur la route sans la moindre obligation ». Dans ces endroits isolés, la population semble avoir fui. Les clichés nous emportent dans un autre temps, loin des grandes villes et de la technologie. Les ruines laissées par la société s’effacent peu à peu, prisonnières d’une nature qui reprend ses droits. « J’ai toujours été fasciné par les interactions entre la nature et les créations humaines dans ces endroits. C’est quelque chose que l’on ne peut vivre dans les espaces urbains, où les bâtiments montent si haut qu’ils avalent l’horizon ». Vingt-et-un États traversés, et plus de 40 000 kilomètres arpentés, les panoramas ruraux de Paul Sisson nous emmènent à la conquête d’un ouest délaissé, presque irréel.

© Paul Sisson