C’est à la galerie Thierry Bigaignon que nous avions découvert le travail de Renato D’Agostin. À l’occasion du cinquième numéro d’IIKKI, Orbit, on retrouve, cette fois en musique, les images noir et blanc du photographe italien. Une expérience visuelle et sonore immersive disponible à partir du 19 mars.

Comme nous, Mathias Mathias Van Eecloo, le fondateur de la maison d’édition IIKKI, a été séduit par les images poétiques et contrastées du photographe italien. « Il y une évidence concernant la recherche de lignes, de structures, presque obsessionnelle, clinique », confie le fondateur de la maison d’édition française. Rappelons le concept singulier d’IIKKI : à chaque ouvrage, la maison d’édition propose un dialogue entre un photographe et un musicien. « La musique accompagne le livre dans son ensemble, on peut bien entendu regarder le livre sans le sonore ou écouter la musique sans parcourir le livre, mais il est vrai qu’avec un casque aux oreilles, le regard du lecteur change et l’immersion totale », précise Mathias. Aux images de Renato, Orbit ajoute les morceaux de Scott Worthingtonn, un contrebassiste et compositeur basé à Los Angeles. Chaque chapitre du livre porte le même nom que ceux de la bande sonore. La seule contrainte pour vivre cette expérience immersive ? S’accorder 40 minutes et se laisser embarquer. Un « outil » plus que nécessaire dans un monde qui s’accélère sans cesse.

Pause anthropologique

« J’aime l’idée que l’on puisse être libre et choisir à quelle vitesse on souhaite lire », explique Mathias. L’ouvrage, comme la bande-son, n’est ici plus seulement limité à une seule et unique fonction. Surtout, le champ des libertés et des possibles s’accroît. Le travail de Renato, sublime et subtil, s’accorde ici parfaitement avec les compositions de Scott. Grâce à la musique, les observations du photographe gagnent en intensité et amènent de nouveaux questionnements sur l’homme, comme sur la matière. Quelle est la place de l’homme dans ce monde mouvant et tranché ? Comment se repérer dans cette immensité ? Et enfin, n’est-il seulement question de proportionnalités ? Au lieu de regarder l’homme, puis la nature, n’est-il pas temps de les voir comme un tout ?

Las Vegas, Nevada, "7439" © Renato d’Agostin, courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Houston, Texas, "7439" © Renato d’Agostin, courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Alabama, "7439" © Renato d’Agostin, courtesy Galerie Thierry Bigaignon
Death Valley, "7439" © Renato d’Agostin, courtesy Galerie Thierry Bigaignon

Orbit (livre et vinyl), Éditions IIKKI, 56,50 €, 96 p.