Alex Atack, photographe britannique, a vécu à Dubaï toute sa vie. Avec Under Construction, une série créée sur deux années, il s’attache à révéler la diversité de la métropole, loin de ses paysages urbains emblématiques.

Photojournaliste de formation, Alex Atack documente le monde qui l’entoure. Under Construction évoque un Dubaï en pleine croissance, une ville qui ne cesse de s’étendre. Pourtant, les gratte-ciel emblématiques de la ville sont peu présents dans les clichés. Il aime documenter l’expansion vertigineuse pour finalement créer un monde entier au sein d’une cité. « J’ai ce souvenir marquant d’une ville en plein boom », confie-t-il. « Dans les années 2000, je revenais au Royaume-Uni pendant quatre à cinq semaines d’affilée, et lorsque je rentrais à Dubaï, il me semblait découvrir des pans entiers de la ville, complètement métamorphosés ». Alors que son métier le pousse à passer la plupart de ses journées derrière le volant de sa voiture, à arpenter la ville, l’idée lui vient de documenter cette effervescence. Qu’Alex photographie au Mamiya ou à l’iPhone, il immortalise toujours des détails éphémères, effacés rapidement par le temps. « Il me fallait être rapide », précise-t-il, « et capturer une image avant qu’elle ne disparaisse, poussée par une autre ».

Une errance familière

Plongé dans ce train de vie depuis son enfance, Alex porte sur la ville un regard de connaisseur. Loin des monuments gigantesques qui attirent les foules de touristes, il livre ici une vision intimiste de Dubaï. « Chaque ville raconte une histoire, n’est-ce pas ? Dubaï renvoie cette image d’un melting pot extravagant, où l’architecture s’élève très haut, et les grands centres commerciaux se multiplient. Une ville adorée par les millionnaires », explique Alex. Under Construction s’aventure dans des endroits méconnus de la métropole. Dans la diversité d’une vie ordinaire, finalement bien cachée par le luxe ostentatoire. Les photographies révèlent le calme d’un terrain de football, qui sera bientôt remplacé par des bureaux, ou encore la sérénité d’un homme, contraint de prier bord de la route, en attendant la reconstruction de sa mosquée. « Un paysage tout aussi extraordinaire (…) il s’agit de  mon paysage : mon foyer, pour le meilleur et pour le pire », conclut Alex.

 

© Alex Atack