La jeune photographe Kathleen Meier utilise l’image pour essayer de comprendre le monde qui l’entoure. Sa série Huis Clos nous propose un voyage psychologique où la poésie côtoie la claustrophobie.

Sombres et mystérieuses, les photographies qui peuplent Huis Clos nous parlent d’enfermement. Pourtant, ici, l’homme est absent. Spleen et étrangeté s’échappent de ces lieux vides où la solitude est plus que suggérée. « J’utilise la photographie pour exprimer des sensations, des réflexions personnelles, pouvant être universelles », explique Kathleen. « Ainsi, je peux parler avec tout le monde ». C’est un véritable récit autour d’isolement qu’elle propose à son public. « Huis Clos est un enfermement suggestif, on y réagit comme face à une situation sans issue, au sens littéral comme au figuré ». Douce nostalgie et sentiment d’oppression se bousculent face au calme inquiétant de ces espaces abandonnés.

Psychologie esthétique

Pour Kathleen Meier, la dimension psychologique de ses images est primordiale. Huis Clos s’est construit doucement, en trois ans, tandis que l’artiste cherchait des sites à la hauteur de son ambition. Pris dans des zones désertées, les clichés semblent emplis d’une élégance triste, tandis que les lieux se décomposent peu à peu. « J’étais fascinée par ces intérieurs à l’abandon qui gardaient malgré tout une certaine beauté majestueuse », confie la photographe. « Je voulais qu’on y voit la lente détérioration en même temps que la capacité à résister ». Difficile, alors, de ne pas comparer la noble quiétude des lieux avec l’isolement humain. Sur les images, les murs se succèdent et les portes restent closes. Lorsqu’elles s’ouvrent, il n’y a rien. Les tapisseries, elles, forment un labyrinthe hypnotisant et sans issu. En contrepoint, la série nous parle d’aliénation, de l’isolement extrême de certaines personnes, d’une vie autre. « Lorsque j’ai compris mon projet, j’ai énormément lu sur la psychologie, les maladies mentales et même la philosophie » précise Kathleen. Une métaphore pleine de délicatesse.

 

© Kathleen Meier