Jean-Luc Feixa, 31 ans, pratique la photographie depuis une quinzaine d’année. Aujourd’hui, il entend développer une approche locale du médium. En 2016, il se rend dans sa région d’enfance, à la frontière franco-espagnole et capture de sublimes paysages contrastés.

Si Jean-Luc Feixa a commencé la photographie par hasard, au cours d’un stage dans un journal de sa ville, il ne peut, aujourd’hui, plus s’en passer : « c’est une compagne qui partage mon quotidien et occupe souvent mes pensées », confie-t-il. Ancien journaliste free-lance, il évolue aujourd’hui en tant qu’attaché de presse, une réorientation professionnelle lui permettant d’ « émanciper » sa pratique photographique. « Cela fait depuis 5 ans que j’ai l’impression de raconter des histoires qui me plaisent et me correspondent vraiment ». Celle qu’il nous conte ici est le fruit d’un « pur hasard ».

Durant l’été 2016, il se rend à la frontière franco-espagnole, à la découverte de la région de son enfance. Il y photographie le pic du Cagire et le désert des Bardenas, « deux merveilles séparées à quelques heures de route ». Face à lui, la montagne embrumée et, 48 heures plus tard, la poussière jaune du désert. Un contraste sublime. « J’ai choisi de faire dialoguer ces deux mondes, à la fois proches et éloignés ». La nature dans son état brut fascine en même temps qu’elle apaise. Ici, les traces de l’homme sont quasi inexistantes et les rencontres fortuites, telle celle avec une chèvre perdue dans la brume. « Je me suis trompé plusieurs fois de direction ce jour-là, et en empruntant une nouvelle fausse route, je suis tombé nez à nez avec cet animal. Dans un paysage de blanc immaculé, voir cette chèvre noire tenait de l’apparition surnaturelle ».

© Jean-Luc Feixa