Pour Max Slobodda, la photographie est un moyen d’appréhender le monde. Dans sa série Stranger Things, c’est son propre regard qui nous guide, dans un univers résolument surréaliste.

Ancien photographe de rue, Max Slobodda délaisse rapidement la photographie spontanée pour la mise en scène, une pratique à laquelle il s’essayait déjà dès ses premiers clichés. « Dans le surréalisme, il n’y a pas de limite à l’imagination. Tout le monde peut avoir sa propre interprétation de l’œuvre qu’il contemple », explique le photographe fasciné par le surréalisme et l’inexplicable. Devant ses images, chacun est libre d’interpréter les événements étranges photographiés. « J’essayais déjà d’ajouter une touche surréaliste à mes séries de photographie de rue, mais cela demande beaucoup de patience. Finalement, réaliser Stranger Things me permet de continuer dans cet élan, et la mise en scène rend le résultat encore plus bizarre ».

Explication illogique

Chacune de ses images défie la logique, dans une atmosphère fantastique et ludique, presque aliénante. Le photographe s’en amuse : « L’être humain cherche toujours à apporter une explication logique à ce qu’il perçoit. Et même après des millions d’années d’événements illogiques, il éprouve des difficultés à les accepter ». Le lien entre la réalité et l’imaginaire est puissant dans les réalisations du photographe et nous invite à nous questionner. « Je veux que l’incompréhensible reste incompréhensible, en ne forçant aucune explication. Je veux que nos émotions soient libres. Tout le monde peut décider de ce qu’il ressent, sans avoir besoin de guide. » Couleurs ultra saturées et objets mystérieux, suspendus dans une lévitation forcée, les images semblent presque nous narguer. Mais c’est notre curiosité que semble rechercher avant tout Slobodda, notre soif de découverte. « Sans curiosité, l’espèce humaine ne serait pas ce qu’elle est maintenant. N’est-ce pas ? ».

© Max Slobodda