Pourquoi es-tu devenue photographe ?

Il n’y a pas eu de déclic particulier, c’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire. Très jeune, je jouais à mettre en scène mes copin(e)s en les prenant aux photos. Je suis fascinée par l’image au sens très large, je m’intéresse aux gens, aux couleurs, aux vêtements, tout ça j’en parle en photographiant.

Qu’est-ce qui t’inspire ?

Le cinéma beaucoup et spécialement la filmographie de David Lynch, que je vénère, mais aussi le travail de Leos Carax, Gus Van Sant, Wong Kar-wai et plus récemment Jodorowski, les poésies et livres de Patti Smith aussi. Sinon j’observe beaucoup les gens et c’est une source d’inspiration inépuisable.

© Jeanne Chauveau

Tu as toujours fait de l’argentique ? Qu’est-ce qui te plait dans ce type de photographie ?

J’ai commencé avec du numérique mais j’ai très vite trouvé qu’il manquait à cette pratique une part de mystère. Ce que j’aime dans l’argentique c’est que le résultat n’est pas lisse, tu peux prendre quatre images d’une même scène et tu auras quatre images différentes en fonction de comment la pellicule réagit, ça laisse une plus grande place à l’inattendu. Je suis fascinée par ce médium parce qu’il continue de me surprendre. J’aime aussi mixer analogique et numérique, ouvrir le champ des possibles.

Quel a été ton premier boîtier ?

Un nikon D40 que j’ai eu en classe de seconde, il m’arrive encore de travailler avec, il se porte comme un charme.

Du shooting au développement, comment travailles-tu tes photos ?

Dans la mesure où j’expérimente beaucoup, je ne peux pas vraiment prévoir l’ambiance chromatique qu’aura l’image. Je donne une grande importance au ressenti que j’ai quand je découvre l’image pour la première fois. Je la retravaille ensuite pour intensifier cette première vision, la rendre perceptible par tous.

Qui sont tes modèles ?

Principalement des gens que j’aime.

© Jeanne Chauveau

La féminité, le corps, sont des thèmes qui sont particulièrement mis en avant dans tes images : pourquoi ?

La danse à une place importante dans ma vie. Je pense que grâce à cette pratique je regarde les corps différemment. Je reste à l’écoute; une main posée, une simple posture ça peut être très expressif et très beau. Je travaille surtout de manière intuitive, la féminité je n’en fais pas un thème de prédilection mais j’aime penser que mes images peuvent être le témoin d’une féminité multiple. J’ai d’ailleurs des projets à venir en lien avec ce sujet. Je ne me sens pas particulièrement féministe mais je trouve ça compliqué d’être une fille dans le monde actuel. On demande aux filles de s’aimer et s’accepter dans une société qui nous empêche en permanence de le faire.

Que cherches-tu à exprimer à travers elles et la photographie ?

Je cherche à susciter l’imagination, à brouiller les pistes entre ce qui tient du réel et de la fiction. J’aime que chaque lecteur puisse se faire sa propre histoire. Je ne cherche pas à parler de mon quotidien, plutôt à en échapper.

Comment décrirais-tu ton univers ?

Onirique et coloré.

© Jeanne Chauveau

Tu photographies souvent ?

Ça dépend vraiment des périodes mais j’aimerais pouvoir le faire de plus en plus.

Quel est ton meilleur souvenir photo ?

Un road trip en Espagne, s’émerveiller et photographier tous les jours.

Comment décrirais-tu ton travail en trois mots ?

Rencontre. Corps. Imaginaire

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