Voici deux lecteurs passionnés par l’urbain. Jean-Pierre Attal partage ses alvéoles, fenêtres sur le monde salarié tandis que Stéphanie Davilma documente les plages endormies de Toulon. Voici les coups de cœur de la rédaction.

Jean-Pierre Attal 

« L’hiver, du 1er décembre au 10 janvier, le soleil se couche avant que les salariés ne quittent leurs bureaux ». Cette curieuse énergie a intrigué Jean-Pierre Attal, un photographe et archéologue social urbain. « J’explore l’écosystème tertiaire et ses protagonistes », explique l’auteur de la série Alvéoles. Mobilier bureautique, design intérieur et tenues vestimentaires, si sa démarche se veut objective et neutre, elle invite le spectateur à sortir des cases. Comment savoir si l’on se trouve à la « bonne place » ? Vivre pour travailler ou travailler pour vivre ? Le standard est-il nécessairement source d’ennui ? Une chose est certaine, dans ces tours, la productivité semble l’emporter sur la personnalité et la machine est bien rodée.

© Jean-Pierre Attal

Stéphanie Davilma

« Chaque ville a sans doute des lieux refuges, des lieux où l’on vient s’échapper sans aller bien loin », le refuge choisi par Stéphanie Davilma ? Les plages de ville, à l’heure d’hiver, à Toulon. « À l’heure d’hiver, le temps peut y sembler suspendu et je vois se succéder les restes d’un été laissé de côté. Pourtant la vie est encore bien là. Rien à voir avec le bouillonnement estival, c’est vrai, mais quelques citadins y viennent pour tourner le dos à la ville avec la nostalgie des journées d’été. Avant que le soleil décline, tous les âges, tous les milieux s’y croisent et s’y mélangent parfois. Dans ce refuge hivernal, où la nature rencontre la ville, un échantillon social est face à moi. Il joue, il se joue du froid, il bronze, il lit, il drague, il fait des selfies, il mange, il se pavane, il court, il pêche, il vit. »

© Stéphanie Davilma