De Calais à Nice, de Charleville-Mézières à Sète… En 2015, Raymond Depardon a voyagé dans une quinzaine de villes à travers l’Hexagone. L’objectif ? Rencontrer les Français et les écouter parler. De ce périple, il a ramené un film incroyablement touchant, « Les Habitants », sur lequel nous l’avons interrogé.

Qui sont ces gens que l’on voit défiler pendant un peu plus d’une heure ? Ils sont jeunes ou vieux, célibataires ou en couple, chômeurs ou retraités… Ils sont des Français résumés en chiffres, en sondages, en audiences et en statistiques. Ils sont la réalité. Ils sont des individus que l’on pourrait croiser n’importe où et qui parfois nous interpellent. Ils sont ce que nous sommes nous aussi, spectateurs : des vies qui vont et qui viennent. Avec Les Habitants, Raymond Depardon a su cristalliser ces rencontres fugaces et éphémères qui ponctuent notre quotidien. Ils nous invitent à observer, regarder et écouter ceux qui sont nos concitoyens.

Ce film est un documentaire conçu comme un huis clos intimiste à deux niveaux. Entre les couples qui se dévoilent dans cette caravane. Entre eux et nous, les spectateurs. Les Habitants de Raymond Depardon n’est pas une enquête sociologique. C’est une rencontre. Une rencontre entre des gens croisés au hasard des rues d’une quinzaine de villes, que le réalisateur a invité dans une caravane pour qu’ils poursuivent leur conversation face à la caméra. Ces inconnus sont ainsi présentés de profil, à la manière de Délits flagrants tourné vingt ans plus tôt. Le concept est épatant de simplicité car, avec cette installation rudimentaire, Depardon est parvenu à recueillir des témoignages d’une authenticité bouleversante. Leur parole est libre, spontanée. Elle fuse brusquement, avec ou sans accent, et révèle les émotions, les tensions, les déceptions ou les espoirs de ces gens qui la livrent. Un peu comme une photographie.

Il y a quelques semaines, nous avons rencontré Raymond Depardon pour échanger autour de son film. Puisque dans Les Habitants, il est aussi question de langage, il nous semblait essentiel de vous faire écouter ce que le réalisateur avait à nous dire, plutôt que de vous le faire lire.

Comment va-t-on à la rencontre de gens que l’on ne connaît pas ?

Qu’avez-vous appris en réalisant Les Habitants ?

Pourquoi avoir fait ce film maintenant et pas après avoir photographié la France entre 2004 et 2010 ?

Vous avez filmé en tout 90 couples. Comment avez-vous sélectionné les 25 qui apparaissent dans le film ?

Retrouvez le portait de Raymond Depardon, dans notre prochain numéro Fisheye 18, en kiosque très prochainement !

Texte, sons et mise en page par Marie Moglia

Photo : © Jérôme Bonnet / Modds

Les Habitants
de Raymond Depardon. Durée:  1h24. Sortie : le 27 avril
Toutes les séances à retrouver ICI