Fille d’immigrés coréens, Janice Chung s’est rendue à Séoul pour la première fois il y a deux ans et en est revenue avec une série intimiste sur sa famille. Par Hélène Rocco.

La banlieue du Queens à New-York compte une grande communauté américano-coréenne. C’est là que Janice Chung a grandi. Il y a deux ans, elle a suivi sa mère Seung Sin à Séoul pour rencontrer sa famille pour la première fois. Sa jolie série, Please come back soon, expose les défis auquel elle a dû faire face pour s’adapter à cet autre mode de vie.

« Au début, j’avais honte d’être incapable de parler avec eux mais les jours ont passé et j’ai réussi à améliorer mon niveau. », se souvient la photographe. « Je me suis sentie à ma place pendant deux mois, en débit de la barrière de la culture. À ma grande surprise, je suis devenue très affectueuse avec mes grands-parents, comme le serait une enfant. En coréen, on appelle ça le aegyo. »

Image tirée de la série « Please come back soon » / © Janice Chung

À travers ce projet, Janice raconte la Corée du Sud. « J’ai eu la chance d’être dans une famille très accueillante alors que certaines Américaines se font insulter parce qu’elles ne sont pas assez minces. La chirurgie esthétique est très courante dans le pays ce qui donne lieu à une grande conformité chez les jeunes. Je crois que c’est parce que le société ne tolère pas la différence. La pression sociale est extrêmement forte là-bas. »

Elle a néanmoins apprécié son séjour à la découverte de ses origines. De ses expériences culinaires, elle retient surtout le soondaeguk, une soupe au boudin noir. Janice chérit aussi ses souvenirs d’escapades en ville ou ses grandes randonnées dans les montagnes coréennes. « Les Coréens sont des montagnards. Je me rappelle qu’une fois ma mère m’a amené à Sokcho, dans le nord est du pays. (…) À un moment, on était vraiment épuisé et on a aperçu un groupe de septuagénaires hilares qui s’étonnaient d’être déjà arrivés en haut. »

Image tirée de la série « Please come back soon » / © Janice Chung

En entamant ce voyage, Janice ignorait ce qu’elle allait trouver. « J’ai pris des photos sans réfléchir. Loin de New-York, j’étais libre et spontanée. » Elle prévoit d’y retourner pour continuer ce projet thérapeutique qui lui a permis de tisser des liens solides avec ses grands-parents.

Propos recueillis par Hélène Rocco

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→ L’intégralité de la série

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