Pendant quinze jours, suivez au quotidien le voyage en Chine de Benoît Baume, le fondateur de Fisheye, parti à la rencontre de la photographie dans l’empire du Milieu. Un cinquième épisode consacré à Lianzhou.

Nous voici depuis quelques jours à Lianzhou, où cette année l’actualité est riche, avec un festival qui présente sa 13e édition – avec 60 expositions –, et sera marqué par l’ouverture du premier musée chinois public de la Photographie. Nous avons vu des belles choses et de moins bonnes, mais incontestablement, il se passe quelque chose d’inédit ici. Le musée a été inauguré samedi 2 décembre 2017. Sublime par son ampleur et sa structure labyrinthique, cet outil n’a que peu d’équivalents, en tout cas pas en France. Doté d’un budget de fonctionnement d’environ 260 000 euros par an, il a vocation à accueillir trois cycles d’expositions de photographie contemporaine chaque année. Il sera codirigé par la fondatrice du festival, Duan Yuting, et par François Cheval, qui a veillé sur le musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône durant vingt ans, jusqu’à la fin de l’année 2016. Mais ce qui est improbable, c’est l’arrivée d’un tel bâtiment à Lianzhou, « petite ville » de 500 000 habitants, perdue dans la campagne chinoise, à près de quatre heures de route de Canton. Demain, nous vous parlerons des expositions et de nos belles rencontres faites ici.

Le musée de la Photographie de Lianzhou, la veille de son ouverture officielle. Comprenant plus de 3 600 m2 intérieurs, le musée possède de nombreux espaces extérieurs pour créer une communion avec les habitants de la ville qui ne sont, pour la plupart, jamais allés dans un musée d’art contemporain © Fisheye

2 décembre, jour de l’inauguration officielle du musée, les représentants du Parti communiste local font leur discours. Le musée n’a couté que 1,8 million d’euros grâce à la réutilisation d’un ancien bâtiment, une fabrique de bonbons, et l’emploi de matériaux locaux ou récupérés © Fisheye

Le photographe Albert Watson n’a pas été avare de son temps et d’interviews. Il revenait en Chine pour la première fois depuis 38 ans. Il présentait des photos inédites de Chine prise en 1979 © Fisheye

L’inauguration et le spectacle monumental sur la place principale de Lianzhou a rassemblé des dizaines de milliers d’habitants. Le festival et le musée sont très bien implantés dans la ville © Fisheye

Le deuxième jour de l’exposition de Zhang Hai’er au musée de Lianzhou a été marqué par le retrait par les autorités d’une photo d’une petite fille au regard triste. Cela est également arrivé lors de l’exposition de Mathieu Pernot à Xiamen (lors du festival Jimei x Arles, la semaine dernière) pour l’image d’un petit garçon tenu par les pieds par son père © Fisheye

Une des œuvres de Zhuang Hui a subi une « modification » par les autorités, un peu à la manière de ce qu’il est nécessaire de faire sur Facebook ou Instagram pour publier une photo de nu © Fisheye