Réminiscences solaires, paysages étrangers, amours voués à s’éteindre… Dans les images de Sander Coers, les souvenirs d’un temps disparu réinvestissent les lieux du présent. Nous l’avions découvert avec sa série Come home, le jeune photographe de 25 ans originaire de Rotterdam nous revient aujourd’hui avec son projet en construction, Blue Mood (Al Mar). Inspirée par ses propres histoires vécues, il nous transporte aux côtés de ses ami·e·s, vers les sentiers du littoral espagnol. Un univers chaleureux et charnel s’offre à nous, là où l’adolescence s’évanouit dans les premières expériences de l’âge adulte. « J’aime plonger le spectateur dans des mondes fantastiques, colorés et oniriques. Je cherche à dévoiler de la tendresse et de la tactilité. Travailler avec des techniques analogiques me permet de donner aux choses un aspect chaleureux, sécurisant et romantique », confiait-il lors d’un précédent entretien. Faisant la couverture du dernier numéro de Fisheye, Sander Coers nous dévoile aujourd’hui un portrait chinois sensible, à l’image de sa nostalgie profonde.

Si tu étais…

Une de tes images ? 

Il y a quelque chose de moi dans chacune d’entre elles.

Une couleur ?

Le bleu.

Un moment de la journée ?

Le lever du soleil, même si je les vis rarement.

Un paysage ?

La mer.

Un pays ?

L’Espagne, où je voudrais vieillir.

Une fleur ?

Le coquelicot, ma préférée.

Une odeur ?

L’odeur des pins quand on marche vers la mer.

Un objet ?

Quelque chose qui n’est pas à sa place.

Un livre ?

Le talentueux M. Ripley, de Patricia Highsmith.

Un film ?

Le récit d’un passage à l’âge adulte.

Un morceau de musique ?

Fantasia On A Theme By Thomas Tallis, de Ralph Vaughan Williams.

Une histoire ?

Une fin heureuse.

Une émotion ?

La mélancolie.

Un secret ?

Quelque chose que je ne dirais jamais.

© Sander Coers