En ce début juillet, l’actualité est double pour Tom Wood. Le photographe irlandais est mis à l’honneur aux Rencontres d’Arles à travers l’exposition Mères, filles, sœurs. Un évènement accompagné par la sortie d’un ouvrage présentant cette série débutée à la fin des années 1970.

À l’occasion de sa 50e édition, le festival des Rencontres d’Arles propose une exposition du photographe irlandais Tom Wood. Jusqu’au 25 août, dans l’espace de la salle Henri-Comte, derrière l’Hôtel de Ville, l’exposition Mères, sœurs, filles rend hommage aux femmes. Un accrochage qui n’arrive pas seul. La série est également l’objet d’un ouvrage, publié par les éditions Textuel à paraître ce 3 juillet. Une belle façon de découvrir ou redécouvrir ce photographe à travers des images puissantes.

C’est un projet original dont la conception a duré près de trente ans, des années 1970 aux années 1990. Avant de s’installer dans le comté du Meyerside (Angleterre) et de capter la rue, celui que l’on surnomme photieman collectionnais les cartes postales anciennes et les coupures de journaux. Par un corpus d’images réalisé par le photographe et des images issues de sa collection, nous parle de filiation. Comme le suggère le titre, il s’agit d’une filiation familiale, mais aussi temporelle. Il nous rappelle que le contemporain ne serait rien sans le passé.

Un photographe qui ose

Dans ces associations d’images personnelles et celles émanant de sa collection privée, Tom Wood est un iconoclaste. Comme le souligne Francis Hodgson, professeur de culture photographique à l’université de Brighton : « Depuis longtemps dans ses livres, il inclut des photos prises par d’autres : des cartes postales anonymes trouvées il y a des années. Par son regard, il les adopte. (…) La plupart des photographes, avons-nous dit, ne font pas cela. Wood l’a toujours fait. »

À contre-courant, Tom Wood l’est aussi dans son approche technique. Pour ce diplômé des Beaux-arts, elle n’a que peu d’importance. C’est une question d’adaptation et de représentation. Ainsi, il utilise tout le panel formel mis à sa disposition par le médium. On trouvera donc des images en couleur comme en noir et blanc, des formats carrés comme des panoramas, des portraits posés aussi bien que des moments captés dans la rue… Tom Wood est un photographe qui ose. Un peu d’impertinence pour combattre le conformisme.

Mères, filles, sœurs – Éditions Textuel, 49€, 120 pages.

Exposition Mères, filles, sœurs – du 1er juillet au 25 août, salle Henri-Comte, 13200 Arles.