Si la pandémie enlise encore les périples en terres inconnues, et fait des activités les plus ordinaires des fantasmes lointains, les photographes prennent le relai pour nous faire vivre et découvrir des aventures incroyables. Retour sur les projets les plus immersifs de cette année !

Une séance de sport insolite, sur le dos de chevaux, au Kirghizistan

Sur le terrain, Théo Saffroy court dans tous les sens sur le sol humide, tente d’anticiper les déplacements des chevaux au galop pour capter des instants forts – et pour éviter les corps massifs des animaux. « Je me suis même placé dans le kazan et je me suis pris la carcasse en plein visage ! J’ai aussi failli mourir sur le cheval de Ruslan, en essayant d’attraper la chèvre. L’animal a senti le novice en moi et a commencé à galoper dans un fossé, j’avais tout mon matériel avec moi, c’était très violent », s’amuse-t-il.

© Théo Saffroy

Un retour à la nature au cœur d’une chasse viscérale

Dimanche matin, dans la campagne française. Les chiens sont lancés, ils courent, entre les arbres, à la recherche d’un gibier, sous les cris d’encouragement des maîtres chasseurs. L’action est vive, la tension à son paroxysme. Les coups de fusil se font entendre, tandis que les corps s’abandonnent à la boue, à la terre, aux cicatrices des ronces, que la traque se poursuit, et que l’homme renoue avec ses instincts les plus viscéraux

© Élie Monférier

Une enquête policière, pour élucider un féminicide

Tout d’abord, une voiture s’arrête sur un pont dans l’obscurité. Nous pouvons apercevoir un homme et une femme (représentée par un mannequin) à l’intérieur du véhicule. Soudain une discussion animée entre les deux protagonistes se conclut par l’assassinat de la femme. Dans l’image qui succède, nous voyons le corps de la femme allongé dans la rivière et l’homme qui s’enfuit dans la nuit…

© Nieves Mingueza

Un road trip américains entre ami·e·s… et ses hauts et ses bas

« La bagnole aux États-Unis, c’est une personne en plus, un vrai personnage. Si on est trois, avec la voiture on est quatre. Elle nous sert à tout : c’est notre maison, notre protection contre le monde extérieur. On y range nos affaires, on y dort, c’est petit, ça pue, c’est notre cocon, notre petit monde. On y est en sécurité, on peut l’amener partout, et surtout elle nous emmène partout… »

© Théo Gosselin

Une visite secrète des coulisses du « triangle fédéral », à Washington DC

« Les détails qui ont initialement attiré mon attention se trouvaient en périphérie du pouvoir : des hommes avec des oreillettes se tenant aux coins des rues, près de voitures aux plaques d’immatriculation diplomatiques, des SUV dissimulés derrière les manoirs de Georgetown, des jardiniers passant des contrôles évoquant ceux des aéroports avant de pénétrer dans des enceintes closes… »

© Mike Osborne

Une colocation inoubliable dans une maison californienne

« Mes colocataires étaient glorieusement non domestiquées. J’étais bouleversé par leur créativité sans limites, leur esprit libéré, et leur grand cœur. Elles cuisinaient ensemble, mélangeaient les feuilles de thé et les teintures, peignaient des tissus dans le jardin, créaient des costumes pour des spectacles pour enfants, écrivaient des poèmes, se tatouaient tard le soir, avec des aiguilles et de l’encre. Elles se tiraient les cartes au tarot, parlaient d’aura, écrivaient leurs horoscopes et garaient leurs vélos boueux dans la cave. La proximité physique et émotionnelle quotidienne me submergeait… »

© Ward Long

Un retour introspectif à l’adolescence – punk et rebelle

Qu’elles soient punks, emos ou gothiques, toutes les adolescentes partagent une longue quête de soi, où l’expérimentation et la passion vont de pair. Elles se teignent les cheveux, se tatouent la peau et déchirent leurs vêtements : autant de réactions contre un monde hostile à leur univers intérieur. Et aux portraits s’ajoutent les pages du carnet de  Deanna Templeton et les affiches DIY de ses concerts rocks : les trophées collectionnés par cette rebelle des années 80.

© Deanna Templeton

Une journée dans la vie d’une mannequin désabusée 

« Les modèles sont perçues comme des figures qui suscitent l’admiration, et pourtant tout le monde les déteste. Elles sont à la fois ridiculisées et glorifiées. Si on réfléchit à leur fonction, on constate qu’elles sont finalement des corps que l’on vend : celui-ci devient alors un pur produit capitaliste. Nous plaçons des filles de 16 ans dans des pubs de marque. Qu’est-ce qu’elles sont censées représenter ? C’est ridicule, aussi amusant qu’effrayant… »

© Matilde Søes Rasmussen

Une soirée hypnotique en boîte de nuit

Face à l’objectif de Karel Chladek, les rapprochements fugaces provoqués par l’euphorie du moment deviennent splendides, touchants. Dans un clair-obscur plaisant, les couples d’un soir se changent en porteurs de fantasmes d’un imaginaire commun. « Il s’agit majoritairement d’une documentation de la jeunesse, de l’impulsion, de l’amour, qu’il soit sincère ou éphémère », ajoute l’auteur.

© Karel Chladek

Une plongée dans l’intimité de couples polyamoureux

« J’aime vivre des aventures longues, revoir souvent les personnes et lier des liens forts. Je suis très séducteur avec mes amis, aussi bien avec les hommes qu’avec les femmes. J’aime beaucoup le jeu et la tension que cela apporte. Je ne vois pas le sexe comme une finalité, mais comme un plaisir ajouté à mes relations amicales. J’aime intégrer d’autres gens dans ma relation, autant pour me faire plaisir, que pour contenter ma copine. »

© Julie De Sousa

Image d’ouverture : © Karel Chladek