Des expérimentations plastiques les plus folles à l’humour décapant, en passant par un goût pour les récits insolites, les artistes publié·e·s sur le site de Fisheye n’hésitent pas à repousser les frontières du réel pour plonger le regardeur dans des mondes hallucinatoires. Retour en images sur les trips les plus fous de cette année !

Shane Wheatcroft

Entre envolées surréalistes et esthétique vintage assumée, les collages de Shane Wheatcroft nous invitent à plonger tête la première dans le terrier du lapin blanc, pour découvrir un monde hallucinatoire, où les corps humains deviennent des miroirs déformants – des décors abritant de multiples récits. « Mon approche artistique est souvent désordonnée et accidentelle – un peu à mon image. Les choses se font toutes seules », confie l’auteur venu du Kent, au Royaume-Uni.

© Shane Wheatcroft

Roxane Moreau

En mettant le tarot au goût du jour, la photographe Roxane Moreau détourne, avec humour, son héritage aristocratique. Sur les cartes imaginées par l’artiste, les corps, les genres, les orientations sexuelles s’affichent fièrement, représentant le spectre de nos différences avec panache. Un pied de nez amusant aux origines du jeu. « J’avais envie de représenter au maximum les acteurs de ma génération », explique-t-elle.

© Roxane Moreau

Marcus Schaefer

Installé à Londres, l’artiste pluridisciplinaire Marcus Schaefer arbore fièrement le titre de surréaliste contemporain. Un siècle après la naissance du mouvement, il explore la complexité méditative du noir et blanc, en faisant dialoguer photographies et dessins. En résulte une explosion introspective qui tire sur le concept de l’infini.

© Marcus Schaefer

Thomas Stanka

« Je suis un photographe expérimental. Mon approche du médium est motivée par le désir intuitif de créer des images, plutôt que de prendre des photos », annonce Thomas Stanka. Plongé dans la chambre noire, il mène de nombreuses réflexions manuelles, et philosophiques. Des essais visuels et abstraits, où ses interrogations existentielles prennent forme et tentent de surmonter l’ineffable.

©  Thomas Stanka

Juha Arvid Helminen

9 septembre 2006, Helsinki. Une manifestation Smash ASEM est organisée pour protester contre la tenue d’un sommet du Dialogue Asie-Europe dans la capitale finlandaise. Créée en 1996, à l’initiative de Jacques Chirac et de l’ancien dirigeant singapourien Lee Kuan-Yew, l’ASEM a pour vocation de développer les relations entre les deux continents. Un projet attisant les tensions, car lourdement critiqué par plusieurs mouvances de gauche. La mobilisation s’est alors rapidement transformée en un affrontement entre manifestants et forces de l’ordre. Ce jour-là, le photographe Juha Arvid Helminen a vu « le côté obscur de la police finlandaise »… Dans The Invisible Empire, il nous entraîne dans le cauchemar d’une dystopie.

© Juha Arvid Helminen

Jean-François Lepage

Des aplats sombres et abstraits de « Cent Vingt-Neuf Jours sur Terre » aux portraits cubistes de « Prélude », en passant par les créations effrayantes de « Zombie » – qui évoquent les corps décharnés d’Egon Schiele – les chapitres qui composent Genèse forment un tout captivant. Prenant le contrepied des « tendances » aperçues sur les réseaux sociaux, ou dans la pop culture – le thème du mort-vivant, par exemple – Jean-François Lepage s’approprie des thématiques et leur insuffle une grâce hypnotique.

 

© Jean-François Lepage

 _jeanne_dark_

Le temps d’un live, le théâtre s’invite sur Instagram pour conter l’histoire de Jeanne Dark, alias @_jeanne_dark_ Dans cette création brillante, Marion Siéfert questionne les rapports qu’entretiennent les adolescents à leur image, au réseau social ainsi qu’à la religion. « J’ai réalisé que je devais puiser en moi. Revenir au temps de mes 16 ans. Au moment où je vivais ma virginité comme une honte. Je me débattais contre la religion tout en y croyant, et je sentais le poids s’exercer sur mes épaules. Impossible de formuler les choses et encore moins de me rebeller… », confie-t-elle.

Captures d’écran @_jeanne_dark_ / Instagram

Couturfu

« Couturfu est né entouré de quelques amis, sur un bout de comptoir. Évoluant toutes et tous dans l’industrie de la mode et de l’image, nous avions pris l’habitude d’échanger nos humeurs et mésaventures (extra)professionnelles par le biais de photos de magazines et de défilés légendées », confie la fondatrice de Couturfu, compte Instagram anonyme partageant des memes inspirés par la photographie de mode. Son crédo ? Dépeindre le quotidien « d’une génération de jeunes adultes dont le principal objectif de vie pour 2021 est de profiter d’un happy hour en terrasse ».

© Couturfu

Maxime Matthys

Maxime Matthys, artiste belge, est fasciné par les nouvelles technologies et l’importance qu’elles prennent dans notre quotidien. Sa nouvelle série, Les Jocondes, interroge la place de l’intelligence artificielle dans l’art contemporain. « Je suis né en 1995, et j’ai vu l’évolution incroyablement rapide des nouvelles technologies. Je suis fasciné par la place qu’elles prennent dans l’économie et la société, confie l’artiste. Comment expliquer cette disruption systématique de nos sociétés par ces technologies ? Comment reprendre le contrôle et éviter une dépendance avec les machines ? », s’interroge-t-il.

© Maxime Matthys

Pia Ribstein / Keti Irubetagoyena 

Keti Irubetagoyena adapte régulièrement des romans pour la scène. Pour son projet de lecture performée de l’œuvre de Pauline Delabroy-Allard, Ça raconte Sarah, elle a choisi de s’associer à Pia Ribstein, une photographe spécialisée dans les questions de corps et de sexualité. Lever de rideau sur cette délicate association entre littérature, théâtre et photographie.

© Pia Ribstein

Laurence Kubski

En Chine, au croisement d’une rue, sur les marchés locaux, dans la foule ou à l’abri des regards, vous n’avez qu’à tendre l’oreille pour entendre une curieuse chanson. Une musique étincelante accompagnant tous les gestes du quotidien. Cet hymne – presque national – n’est nul autre que la stridulation du grillon. Curieux animal de compagnie, cet insecte occupe une place majeure dans la culture chinoise. Porte-bonheur vivant, mais également animal de combat, cette bestiole a suscité la fascination de la photographe suisse Laurence Kubski.

© Laurence Kubski

 Nicole McLaughlin

Depuis Brooklyn, où elle est installée, Nicole McLaughlin donne l’impression d’être une de ces créatrices qui, toujours en quête de nouvelles idées, refusent l’habitude et la paresse. Ancienne designeuse graphique chez Reebok, l’Américaine ne cesse de se réinventer – en influenceuse, en enseignante… –, portant une attention toujours plus forte à la durabilité et au recyclage des vêtements qu’elle propose…

© Nicole McLaughlin

Robin Lopvet

 « À défaut de trouver un sens à la vie, j’essaye de trouver une absence de sens, mais qui dit tout de même quelque chose », explique Robin LopvetCet artiste-photographe, et maître de Photoshop, fabrique des images déjantées avec un humour terriblement cynique. Animaux à plusieurs têtes, visages de chiens dans les nuages, un canard avec une tête de cheval… Ses compositions sont autant de créatures absurdes qui bouleversent les règles de la vraisemblance.

© Robin Lopvet

Image d’ouverture : © Robin Lopvet