Alexandre Chamelat propose avec Auwa Kingdom une balade minimaliste dans les rues de Deauville. Retour sur un travail réalisé et exposé dans la ville balnéaire, à l’occasion du Festival Planche(s) Contact.

« Le tir au pigeon vivant y fut pratiqué avant d’être interdit. La ville a accueilli la 37ème réunion du G8. On y trouve 4 agriculteurs et 1434 retraités. Un festival international de bridge s’y déroule chaque année. » Bienvenue à Deauville, la ville où Alexandre Chamelat a compté 8216 habitations dont 5750 résidences secondaires et a réalisé sa première résidence dans le cadre du Tremplin Jeunes Talents. « J’ai découvert et photographié Deauville pour la première fois. Je m’y suis rendu une semaine en avril et quelques jours en juin 2018 », précise le photographe minimaliste. « Je choisis soit une lumière blanche, très homogène et sans contraste, soit une lumière plus picturale, type clair-obscur. J’ai déambulé dans la ville à la recherche de lieux emblématiques et symétriques comportant des textures claires (sable, nuages, béton). J’ai également cherché à découvrir tous les grands espaces intérieurs de la ville (piscine, manèges équestres, hôtels) », se souvient-il.

Visite épurée

Alexandre Chamelat propose avec Auwa Kingdom une visite épurée de la station balnéaire. Le photographe devient un marionnettiste plaçant les différentes silhouettes dans un environnement pastel. « Je travaille un rendu visuel proche du tableau. Les personnages de mes images sont des outils permettant de donner vie à une composition qui interpelle », explique-t-il. « Les parasols de Deauville sont fabriqués à la main. Ils mesurent 2 m de diamètre et sont composés de 9,5 m de tissu rouge, bleu, jaune, vert ou orange. Le prix d’un parasol est d’environ 300 €. »  S’il le photographe laisse aux spectateurs le soin de se forger leur propre opinion sur la ville, il n’hésite pas à commenter ses images avec beaucoup d’humour. « Pour les textes, je me suis inspiré des introductions et des descriptions des films de Wes Anderson. Ce capharnaüm de détails dégage une absurdité que l’on peut ressentir en se promenant dans les « décors » de la ville », confie Alexandre Chamelat. Ses images composent une déambulation silencieuse pour certains et une critique suggestive pour d’autres.

© Alexandre Chamelat