Réalisée en 2015, la série Distance retrace le périple du photographe australien Nicholas Wilkins en Chine. Une errance poétique en terre inconnue.

Nicholas Wilkins vit et travaille à Melbourne. Il a commencé la pratique du 8e art à l’adolescence. Après avoir étudié l’art et le cinéma à l’université, il a débuté sa carrière de photographe. Féru de voyages, ce dernier s’est lancé, en 2015, dans un long road trip. « J’ai passé un mois à voyager en train et en bus d’un bout à l’autre de la Chine, de Shanghai jusqu’au début de la Route de la soie, explique l’artiste. J’ai également traversé le Japon et l’Europe, mais je n’ai gardé du périple que les photos de Chine ».

Pour Nicholas Wilkins, la photographie doit être un mélange d’impulsion et d’observation. Afin de shooter Distance, l’artiste s’est aventuré en orient sans avoir d’idée préconçue. « Le chemin que j’ai suivi a finalement été dicté par la météo », précise-t-il. La chaleur humide de Shanghai et les inondations du sud du pays l’ont conduit à voyager jusqu’à l’ouest, vers le désert. Une errance aveugle guidée par le hasard et l’intuition. C’est finalement en rentrant chez lui que le photographe imbrique les différents fragments de son récit en terre inconnue.

Un univers dépeuplé

Distance se lit comme une série atmosphérique. Un conte métaphorique qui traite de ce sentiment d’aliénation face à un monde différent. « Je voulais transmettre cette sensation : être dans un territoire immense, divers et, dans un sens, incompréhensible, confie Nicholas Wilkins. La Chine est un pays très étrange et difficile à saisir, surtout lorsqu’on voyage seul, sans guide, ni ami, ni même l’avantage de la langue ». Le photographe évolue dans un univers dépeuplé, onirique. Si l’homme est absent des clichés, sa présence se devine à travers les différents éléments représentés. En sublimant le paysage chinois, Nicholas Wilkins compose une errance fascinante, dans laquelle la solitude se lit comme un besoin de communiquer, de se lier aux autres, dans un lieu étranger. Une promenade méditative en orient.

© Nicholas Wilkins