Échappée bucolique au Québec

01 octobre 2018   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Échappée bucolique au Québec
Dans Les affluents, le photographe canadien Louis Perreault s’interroge sur notre rapport à la nature. Une série délicate, shootée dans les terres forestières du Québec.

Photographe montréalais, Louis Perreault découvre la photographie en 2002, alors qu’il voyage en Nouvelle-Zélande et en Australie. De cette aventure dans des paysages somptueux, il ne développe qu’une pellicule de 24 poses. « Je me rappelle voir tous les touristes se photographier et penser que cela les coupait de l’expérience et du vécu », se souvient Louis. Pourtant les clichés de son périple le conduisent à s’inscrire à l’université pour étudier la photo. Si le médium le passionne, Louis s’attache à immortaliser des moments authentiques. Dans son travail, pas de prises de vue intempestives, mais un lyrisme maîtrisé. « J’ai une grande admiration pour les écrivains », confie le photographe. « Ils inventent des univers parfois si crédibles qu’on y plonge sans retenue. J’aspire à créer, à travers l’image, des propositions similaires ». Poétiques et silencieux, les clichés de Louis s’imposent comme des récits paisibles et délicats.

Un retour à la nature

« Les affluents prend ses racines dans les visites répétées d’une terre forestière que je possède dans la région des Bois-Francs, au Québec »,

précise le photographe. Passionné par notre rapport à la nature, Louis s’interroge sur les liens que sa famille a noués avec les lieux. Dans la série, nature et homme se complètent et se mélangent. Une osmose qui fait écho à son titre. « Il évoque l’innombrable quantité d’affluents se jetant l’un dans l’autre, et, finalement, la nature de leur destination unique : l’océan », explique Louis. « Tout comme la nature de nos connexions humaines : elles se créent dans un réseau complexe d’influences, de fusions, de contacts et de partages ». Liés par cette métaphore, les acteurs de ce récit – sa compagne et ses enfants, Charles-Édouard et Jean-Christophe – et la nature apparaissent par fragments. Une mosaïque de corps humains et de terres sauvages. En interagissant avec les lieux, l’être humain développe une relation tactile, bienveillante avec la nature. De prédateur, il devient ami, confident. Un retour au monde sauvage tout en sensibilité. © Louis Perreault

© Louis Perreault© Louis Perreault

© Louis Perreault

© Louis Perreault© Louis Perreault

© Louis Perreault

© Louis Perreault© Louis Perreault

© Louis Perreault

© Louis Perreault

Explorez
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Hélène David : les voix du vivant
© Hélène David
Hélène David : les voix du vivant
Pendant quatre ans, Hélène David a arpenté le Pays basque à la rencontre de celles et ceux qui l'habitent – humains, animaux, montagnes...
20 juillet 2026   •  
Écrit par Anaïs Viand
Rebekka Deubner, lettres d'amour à terre
© Rebekka Deubner
Rebekka Deubner, lettres d’amour à terre
Exposé aux Rencontres d'Arles, à la Croisière, le projet La terre amoureuse de Rebekka Deubner nous parle avec une grande justesse de la...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
© Lys Arango / La Kabine
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
Au bord des mondes : Habiter les territoires, survivre aux fractures, du 27 juin au 20 septembre, une exposition qui invite à repenser...
08 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
[Helio 7], 2026. © Salomé Gaëta
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
Véritable institution au cœur des Rencontres d’Arles, l’École nationale supérieure de la photographie cultive une approche singulière de...
25 juillet 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Visuels du film Ceci est mon corps. © Jérôme Clément-Wilz
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Documentariste du regard situé, Jérôme Clément-Wilz filme depuis des années ce que la société préfère exotiser, ostraciser, taire ou...
24 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Bertien van Manen : étendre les contours de la société
© Bertien van Manen, Works "Ljalja, Odessa", 1991 Série / From the series : Let's sit down before we go / Courtesy of Stichting Bertien van Manen.
Bertien van Manen : étendre les contours de la société
Dans le cadre du Grand Arles Express, le Centre de la photographie de Mougins consacre une dense exposition à Bertien van Manen. Une...
23 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Fragile beauté, une exposition à la sensibilité débordante 
©Ryan-McGinley-Dakota-Hair
Fragile beauté, une exposition à la sensibilité débordante 
Jusqu'au 27 septembre, le Jeu de Paume ouvre ses portes à la collection de Sir Elton John et David Furnish. L'exposition, intitulée...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA