Si un rhinocéros blanc apparaît sur la droite de votre casque, un soldat de la frontière coréenne à l’arrière et un androïde sur la gauche, il y a de grandes chances que vous soyez en train de découvrir les films du VR Arles Festival. Du 4 au 9 juillet, au couvent Saint-Césaire, plongez dans la réalité virtuelle. Un festival créé par Fisheye et les Rencontres d’Arles, avec le soutien de BNP Paribas.

La première fois que l’on visionne un film en VR (pour Virtual reality), l’expérience est troublante tant l’immersion est totale. Outre leurs performances techniques, les 15 films du festival présentés aux spectateurs sont la preuve que la réalité virtuelle est désormais entre les mains des journalistes, des artistes et des réalisateurs de cinéma. Et ce ne sont pas les idées et les projets qui manquent.

La réalité virtuelle fait naître de nouvelles ambitions artistiques et journalistiques, et interroge le cinéma et les médias du futur. Sundance, principal festival américain de films indépendants, y consacre un pan entier dans son studio New Frontier. En janvier dernier, pas moins de trente films y étaient programmés. Le festival du film Tribeca, à New York, met lui aussi la VR à l’honneur depuis deux ans. Le New York Times, le Huffington Post, El País et France Télévisions se lancent dans des productions massives de documentaires en réalité virtuelle. À Roland-Garros ou dans un camp de réfugiés, la VR n’est plus un gadget mais une nouvelle façon de montrer l’information. Les Rencontres d’Arles se rallient à cet engouement et Sam Stourdzé, leur directeur, justifie ce choix : « Les Rencontres d’Arles sont un observatoire de la création contemporaine, un état des lieux annuel de la photographie et de l’image. À ce titre, la réalité́ virtuelle retient toute notre attention. Les avancées technologiques associées à sa démocratisation permettent à des auteurs de s’emparer de ce nouveau medium. »

Image du tournage de « I, Philip », de Pierre Zandrowicz

Fictions, documentaires et créations

Le programme arlésien s’organise autour de trois domaines : cinq films de fiction, cinq documentaires, et cinq créations allant de l’animation aux performances chorégraphiques. Sélectionnées pour leur scénario et leur originalité, les réalisations – qui durent entre cinq et quinze minutes – représentent le meilleur de la production mondiale actuelle. Les spectateurs pourront les découvrir, gratuitement, allongés dans les transats du couvent Saint-Césaire. Des animateurs seront également présents pour les aiguiller et répondre à leurs questions. Et pour faire toute la lumière sur cette nouvelle technologie, des rencontres et des débats seront organisés les 6 et 7 juillet avec les réalisateurs et des experts de la réalité virtuelle.

À l’issue du festival, un jury, présidé par Rodolphe Chabrier, cofondateur du studio Mac Guff à l’origine des Minions, récompensera la meilleure création. Il sera notamment accompagné de Vincent Perez, acteur et photographe, et Elisha Karmitz, directeur de Mk2 Agency. Le réalisateur lauréat remportera la somme de 5 000 euros pour l’aider à développer de nouveaux projets de VR.

Image du tournage de « I, Philip », de Pierre Zandrowicz

Réinventer les codes

Lorsqu’ils se lancent dans la création d’un film en réalité virtuelle, les réalisateurs doivent tout réapprendre. Narration, cadre, technique… Pour donner vie à un contenu original, le chemin est bien plus tortueux que pour produire un film classique. Pierre Zandrowicz, réalisateur de la première fiction française en VR et en relief, I, Philip, explique que faire ce film a été une épreuve. « En réalité virtuelle, tout est très artisanal pour l’instant. C’est un peu comme si on avançait dans une forêt et qu’il fallait tout déblayer. Ou comme si je courais avec des poids. Quand je retourne à un tournage traditionnel, je me sens beaucoup plus léger. »…

… L’intégralité de cet article est à retrouver dans Fisheye #19, en kiosque actuellement.