Jusqu’au 6 mars 2022, Visual System présente Détour à la Gaîté Lyrique. Une installation numérique immersive croisant jeux de lumière et musique électronique pour plonger le spectateur dans un monde de sensations, qu’il se doit d’arpenter librement.

Au cœur d’un grand espace de 400 m2 trônent des poteaux étranges. Des sortes de totems numériques, aux lignes nettes, façonnées, sans nul doute, par la main de l’homme. L’obscurité tombe, et la musique commence. Électronique, abstraite, elle répond aux faisceaux lumineux qui sortent de ces sculptures modernes. Les LED s’harmonisent avec les nuances des instruments – blancs, glaçants, puis colorés, pastel. La palette trace un récit abstrait. Une histoire que le visiteur vit, suit à sa guise, en se promenant parmi les étranges édifices. En 18 minutes, Détour invite à l’immersion. Guidés par les sons – parfois reconnaissables d’un piano, parfois plus mystérieux, artificiels – et les créations lumineuses, les spectateurs plongent dans une contemplation profonde. Un espace onirique, où les sensations prennent le pas sur la raison, où l’éclairage, au rythme syncopé, les emporte dans une transe bienfaitrice.

Conçu par le collectif multidisciplinaire Visual System – regroupant des artistes venus de l’architecture, de la musique, de la programmation ou encore du design – l’installation exposée à la Gaîté Lyrique est pensée comme un véritable échange entre lumière et musique. « Il s’agissait initialement d’une commande du lieu, mais la pandémie est arrivée, et nous nous sommes retrouvés coincés à Paris. Le projet s’est ainsi transformé en programme de résidence, écrit en six mois. Durant la création, nous avons réalisé de nombreux allers-retours entre ces deux dimensions artistiques, pour que l’une ne prenne jamais le dessus sur l’autre », confient-ils.

Un terrain de réflexion

Spécialisé dans l’utilisation de LED, Visual System a travaillé une lumière indirecte. « Les cases sont creuses, cette dernière vient de la face, pour éclairer le fond et ressortir. Ce processus donne des couleurs très vives, et des animations qui peuvent ressembler à des nuages, ou même de la fumée », expliquent les artistes. Une texture singulière, donnant matière à cet outil impalpable. « Nous disons souvent que nous souhaitons donner à voir la musique et entendre la lumière », poursuivent-ils. Et, dans cet espace hybride, le visiteur devient acteur, et imagine son propre scénario. « Il doit faire appel à sa bibliothèque émotionnelle. Chacun est libre d’en faire ressortir ce qu’il ou elle veut. Il s’agit d’un projet qui parle à tout le monde, sans explication nécessaire », affirment les auteurs.

Conçu à la manière d’un conte de fées revisité, Détour entend s’éloigner de l’art numérique conventionnel, pour créer un véritable langage. « Nous souhaitons développer un écosystème, comprenant différentes transformations. Un espace qui vit », ajoute Visual System. Un lieu en constante mutation, transcendé par le public, comme par d’autres artistes. De nombreux rendez-vous ponctueront d’ailleurs l’exposition : la compagnie de danse électronique Mazelfreten investira les lieux à deux reprises, et des concerts acoustiques donneront une nouvelle voix aux mystérieux totems. « L’espace devient ainsi une sorte de temple, entre religion et discothèque. Un terrain de réflexion. Si nos dispositifs fonctionnent grâce à un ordinateur, nous réalisons des œuvres tournées vers l’humain », concluent les auteurs.

 

Plus d’informations sur les différents lives sur le site de la Gaîté Lyrique.

© Visual System